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Franz Kafka
Biographie
Nationalité
Tchèque
Date de Naissance
3 Juillet 1883

Né le 3 juillet 1883 à Prague, alors capitale de la Bohème de l’empire austro-hongrois, Franz Kafka est un écrivain germanophone issu d’une famille juive qui a marqué le siècle dernier.

Il reçoit dès son plus jeune âge une éducation religieuse bien que partiellement respectée. Proche de sa famille maternelle réputée très intellectuelle, il s’intéresse très tôt à la littérature tout en poursuivant ses études au collège germanophone de Prague.

Il adhère aussi très tôt aux idées socialistes et fréquente des intellectuels comme Rudolf Illowy, Hugo Bergmann, ou Oskar Pollak, et voyage beaucoup. Il décroche son baccalauréat en 1901 avant de s’inscrire à l’Université Charles de Prague où il s’essaie à différentes disciplines : très brièvement la chimie, puis le droit et également la germanistique et l’Histoire de l’art. Il est très actif au sein d’associations littéraires universitaires comme le Lesen und Redehalle der Deutschen Studenten.

A 19 ans, il rencontre le poète Max Brod, qui deviendra son ami le plus proche et qui s’appliquera à publier toutes ses œuvres à titre posthume.

En 1906, il obtient son Doctorat en droit et commence à travailler au Tribunal de Prague, ainsi que pour plusieurs compagnies d’assurances qu’il quittera assez vite pour pouvoir se consacrer à sa première passion : l’écriture.

La revue Hyperion lui donne en 1909 l’opportunité de publier ses premiers essais.

Très tourmenté, et à la santé très fragile, étant hypocondriaque et développant sans cesse des formes de dépressions cliniques de plus en plus sévère, Franz Kafka souffre également de tuberculose qui le fragilise davantage. Cet univers angoissé et angoissant, cette atmosphère sombre et sinistre, presque cauchemardesque dans laquelle il prend l’habitude de se confiner, transparaît clairement dans ses œuvres. Et c’est ce refus du carcan dans lequel la société enferme les individus, ce refus du conformisme et du lien marital - issu notamment de ses relations conflictuelles avec son père dont il fait référence dans Lettres au Père, 1919 - qui conduisent Franz Kafka à développer une sorte de peur sociale voire d’agoraphobie.

Ses amours ont été sans conteste un échec qu’il a difficilement surmonté. Il connut une relation platonique avec Felice Brauer en 1912 qu’il rencontra chez son ami Max Brod, et avec qui il entretint des correspondances enflammées (1912-1917) tout en refusant l’engagement marital, l’écriture étant pour lui seul objet de désir.

Puis il y eut des fiançailles avec Julie Worhyzeck, rapidement rompues à cause du refus du père de la jeune fille. Puis Franz Kafka connut une relation très intense et passionnée et à la fois très tendue et même destructrice avec une artiste anarchiste tchèque, Miléna Jesenskà. Mais c’est auprès de Dora Diamant qui l’initia notamment au Talmud, qu’il s’épanouit vraiment et envisagea de s’installer avec elle à Berlin.

Pour cet artiste tourmenté, solitaire, complexe, mystérieux, à l’image de Gregor le personnage de La Métamorphose, l’écriture est un travail titanesque engageant toute la personne corps et âme, il disait que « Un livre doit être la hache qui fend la mer gelée en nous ».

Son nom seul évoque tout cet univers qui le caractérise ainsi que son oeuvre. Le terme « kafkaïen » est en effet très utilisé pour qualifier une situation angoissante où l’individu se sent piégé, prisonnier d’un labyrinthe de l’absurdité et des conventions de cette existence dont il est en quête de sens.

Ses textes reflètent, au-delà de la personnalité trouble de l’auteur, toute l’image et l’arrière-plan de la société du début du XXème siècle et de ses interrogations politiques, existentialistes, psychanalytiques, religieuses, au centre desquelles l’individu doit faire un choix entre ses motivations personnelles, son libre-arbitre et les conventions sociales parfois absurdes, voire illogiques qui le dominent et le déboussolent.

On y retrouve dans un style riche et fin, cette interpénétration du réel et de l’irréel, voire du surréel et du fantastique dans un univers tout à fait vraisemblable.

Bizarrement, il demanda à son ami Max Brod de détruire toutes ses œuvres, lettres, manuscrits après sa mort. Ce que celui-ci ne respecta finalement pas, compte tenu de la richesse des écrits et du talent de leur auteur. Cela dit, les romans Le Château ou Le Procès étant inachevés, mais publiés quand même, ont été contestés lors de leur édition, et Brod accusé d’avoir quelque peu agrémenté les textes.

Les nouvelles La Métamorphose et Le Verdict, quant à eux, furent publiées de son vivant, en 1916.

Mais c’est grâce à Max Brod que l’œuvre de Kafka connaît la postérité. La Gestapo ayant elle-même brûlé les quelques manuscrits ou lettres qui n’étaient pas en sa possession, Max réussit néanmoins à s’enfuir en Palestine en 1939 avec le reste des écrits de Kafka en vue de leur publication.

La vie de Franz Kafka aura été morose, décousue, marquée par les déceptions, les échecs, les ruptures amoureuses, les romans inachevés, la maladie, les doutes, l’incompréhension, les angoisses, la révolte et la perte de repères. Il restera l’un des auteurs les plus étudiés au monde et les plus marquants du XXe siècle.

Cet auteur de génie est décédé auprès de Dora Diamant à 40 ans à Kierling près de Vienne, le 3 juin 1924.