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mercredi 18 mars 2020
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mardi 17 mars 2020
Turner illumine le Musée Jacquemart André de ses peintures et aquarelles en provenance de la Tate
 
Denorme, du Pariscope

Un spectacle sur François d'Assise ? Une bondieuserie ? Pas forcément… L'auteur, Joseph Delteil s'en défendait même en affirmant : « J'ai appelé ce texte François d'Assise et non pas Saint François. J'imagine très bien un François d'Assise laïque et même athée, ce qui importe, c'est l'état d'esprit françoisier. » Dont acte. On parlera alors d'une véritable ode à la nature, à la beauté de l'univers, aux principes stoïciens, à la pauvreté et à la simplicité. Bien sûr il y aura aussi l'expérience mystique, les révélations, l'extase… Le texte de Delteil est gourmand, dense et poétique. Certains passages se révélant bien plus ardus que d'autres, mieux vaut ne pas laisser trop divaguer son esprit au risque de perdre vite le fil. Mais avec concentration, on se laisse emporter. Seul en scène, Robert Bouvier tient son public. Il a l'énergie, la volonté. Le talent aussi. L'exercice n'est pas des plus faciles. Mais il le mène à bien. Il est un François d'Assise charnel, inspiré et habité. En un mot, lumineux. Ce qui retient aussi notre attention, c'est l'élégante mise en scène d'Adel Hakim. Une invitation bucolique dans l'espace fermé d'un théâtre… C'est assurément là que le bât aurait pu blesser. Mais il n'en est rien. Le pari est relevé. « L'homme garde toujours un peu de terre à l'âme ». Ici, elle jonche la scène, cette terrible terre enlisante. Et puis il y a aussi les épis de blé, la lune, une guirlande lumineuse… Adel Hakim nous offre de beaux tableaux que la scénographie d'Yves Collet et les lumières travaillées de Ludovic Buter viennent sublimer. La création sonore de Christoph Bollmann est aussi à saluer. Du beau travail !