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mardi 25 février 2020
Laurent Goldring déshabille l’art du portrait de ses oripeaux et met à nu ses conventions tacites
 
Marie-Céline Nivière, du Pariscope

Nous sommes chez Héloïse et Roméo, où l’on prend des cours de danses de salon. « Temple du ridicule » selon Roméo. Rufus fait une composition en contre-pied du cliché du professeur de danse, jouant sur le côté attendrissant d’un homme qui a perdu le rythme de la vie. Le rideau s’ouvre sur un couple de professionnels dansant divinement bien. Bernard Alane et Isabelle Spade tiennent le haut du pavé, tant leurs rôles sont admirablement maîtrisés. Puis vient une jeune fille timide, une adorable « petite frimousse » à la Audrey Hepburn. Mélanie Bernier (photo) est une découverte, elle a un bel avenir devant elle. Elle arrive à donner beaucoup d’humanité, de tendresse, de relief à ce personnage assez simple. Elle vient ici pour apprendre à danser, autrement que dans sa tête. On croise aussi Aristide, spécialiste en rock auquel Laurent Gendron donne beaucoup de dynamisme. Il y a aussi Madame Delat, qui rêve de grand « mariage » et gens de la haute. Agathe Natanson, avec une légèreté finte, fait entendre les fêlures de cette femme émouvante. Ce sont tous des êtres abîmés par la vie, vivant dans un monde imaginaire. Qui est qui, qui fait quoi ? La vérité n’est jamais celle annoncée. La pièce de Patrick Cauvin, mise en scène par Patrice Leconte, est comme une soirée dansante, avec des moments divers et variés, pas toujours égale mais pas désagréable.

Fabienne Pascaud, du Télérama

(...) Ainsi, dans le très rétro studio de danse de monsieur Roméo, de banals esseulés compensent le temps d'un cours toutes les absences. Peu d'échanges verbaux entre eux, mais des corps qui soudain se livrent en rythme, des corps qui enfin osent clamer le besoin, l'envie de l'autre, ou du moins d'autre chose. Servi par une bande d'acteurs à la modestie rayonnante, à la fantaisie lumineuse - Rufus, Bernard Alane et Agathe Natanson surtout, délicieux d'ironie blessée, de regrets dépassés -, le spectacle est une charmante parenthèse de rêves impossibles et essentiels, de mensonges trop obsédants pour ne pas devenir un peu vrais. (…) On avait perdu le parfum, sur nos scènes parisiennes, de pareilles comédies sensibles et fragiles, légères et tendres, doucement tricotées de chagrins intimes et de mémoire collective familière. Joliment éphémères et faussement futiles. Cauvin et Leconte en ont retrouvé la goûteuse recette, superbement dépassée et éternelle.(...)