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Fashion Revolution Week, défilé d'événements pour une mode plus éthique
 
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vendredi 19 avril 2019
Le festival Circulation(s) multiplie les regards sur la jeune photographie européenne
 
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mercredi 17 avril 2019
Le festival du sushi et de la gastronomie japonaise s’installe à Paris
 
Marie Plantin, du Pariscope

Malgré un titre aux connotations historico-géo-politiques (incongru dans l’univers de l’auteur-metteur en scène) qui ne laisse en rien présager du contenu de la nouvelle pièce qu’il présente actuellement aux Ateliers Berthier, Joël Pommerat nous parle d’amour et ce n’est pas une bluette comme on pouvait s’en douter. La thématique surprend d’emblée, après des spectacles plus concernés par des enjeux socio-économiques que sentimentaux. Autre changement significatif : le dispositif circulaire des deux derniers spectacles (« Cercles / Fictions » et « Ma Chambre froide ») laisse place à une structure spatiale bi-frontale. Le plateau n’est plus une arène mais une aire de défilé, une voie tranchante, une ligne de vie, un lieu de passage que l’on regarde de chaque côté depuis le bord. Pourtant le « style » Pommerat est toujours là : le traitement hypnotique de la lumière, le rythme lancinant et régulier (presque métronomique) des entrées et sorties, la construction en saynètes, la distribution (fidélité du metteur en scène à un noyau dur de comédiens), l’ancrage dans le réel et les échappées oniriques (notamment les ponctuations chantées façon music hall), cette atmosphère si singulière, entre familiarité et étrangeté, inquiétude diffuse et malaise profond. A chaque fois, les spectacles de Joël Pommerat sont un peu les mêmes et un peu autres. Ils s’inscrivent dans le sillon d’une recherche plastique et dramatique unique. Ils sont un jalon de « l’ouvrage vingt fois remis sur le métier », une articulation de l’œuvre globale en train de se bâtir. Avec « La Réunification des deux Corées », l’homme de théâtre complet qu’est Joël Pommerat explore un territoire neuf, celui de l’amour, et à sa noirceur habituelle, mêle étonnamment une bonne dose d’humour. Bienvenue on l’avoue, tant son spectacle respire le désenchantement et l’absence totale d’illusions sur le sentiment amoureux. Ces scènes fragmentées éclairent des situations tantôt absurdes, tantôt terrifiantes où le couple est souvent au centre. Son aberration, son malentendu pathétique et ridicule, sont traqués, démontrés scientifiquement par l’enchaînement implacable des scènes. C’est à un jeu de massacre que nous convie Joël Pommerat où l’amour est dézingué sans complaisance. Pas une goutte d’eau de rose dans ce breuvage d’amertume et de désespoir. Malheureux, dérisoire ou pire, inexistant, l’amour est une chimère inaccessible, une histoire que l’on se raconte seul ou à deux pour ne pas sombrer. L’écriture de Pommerat, toujours économe, oscille entre parodie de téléfilm misérabiliste et tragédie du quotidien. On reconnaît son art de la chute qui renverse d’un coup l’interprétation de la situation, sa science de l’ambiguïté qui oblige le spectateur à s’inventer sa propre explication, son sens du mystère, son goût pour le côté obscur de l’être. Signée Eric Soyer, collaborateur régulier de la Compagnie Louis Brouillard, la scénographie minimaliste habillée de lumières tamisées distille une mélancolie tenace sur ce monde funeste qu’est le théâtre de Joël Pommerat. Un théâtre du désastre ordinaire.

Jacques Nerson, du Nouvel Obs

[...] Il y a dans chacun de ces tableautins percutants, interprétés par des acteurs admirablement dirigés, entre deux gradins de spectateurs dressés face à face, plus d'humanité, plus d'émotion, plus de beauté, plus de théâtre enfin, que dans bien des fresque plus imposantes à première vue.

Gilles Renault, du Libération

"Un kaeïdoscope acerbe des relations humaines"

Nathalie Simon, du Figaro

[...] L'auteur et metteur en scène ensorcèle son public grâce à des histoires désenchantées mais pleines d'humanité. [...]