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mardi 20 novembre 2018
À la folie organise un repas spécial ce jeudi pour fêter Thanksgiving
 
Caroline Munsch, du Pariscope

Sous forme de parcours initiatique au cours duquel une fillette apprend à grandir, Joël Pommerat nous livre une version contemporaine et tout à fait personnelle du conte de Perrault. C’est au travers trois générations de femmes – la grand-mère, la fille et la petite fille- que l’auteur a choisi d’axer les thèmes comme la peur, l’amour et la mort. Oui la mort, car tapit dans les bois le loup est là, inquiétant et curieux à la fois. Quel sort réservera-t-il à la jeune fille ? Ce petit bijou scénique repose sur l’interprétation des deux comédiennes, du conteur, mais aussi et surtout, grâce à sa magnifique mise en scène sublimée par les lumières d’Eric Soyer. L’auteur et metteur en scène brille par son intelligence artistique qui oscille entre le réel et la fiction et s’adresse autant aux enfants qu’aux adultes. A voir absolument.

Marie Plantin, du Pariscope

Il était une fois un metteur en scène qui fabriquait des pièces de théâtre pour les grands, inventant des histoires à tiroirs dans des scénographies épurées, baignées de clairs-obscurs pénétrants. Ses spectacles lui apportèrent succès public et critique, ainsi que des récompenses prisées dans le milieu théâtral (Molière 2011 de l'auteur francophone vivant et Molière des Compagnies pour Ma Chambre froide, Grand Prix du Théâtre du Syndicat de la Critique pour Ma Chambre froide également). Mais il avait le goût du risque depuis longtemps et le désir de s’essayer à de nouveaux horizons de création, sans renier pour autant son esthétique immédiatement identifiable et son goût ancré pour le mystère. Ainsi, ce grand metteur en scène se tourna vers les petits, le jeune public comme on dit. Et ne vendit pas pour autant son âme au diable en souscrivant au formatage généralisé des spectacles conçus pour les enfants. Les caresser dans le sens du poil, très peu pour lui, les bercer de douces illusions, jamais de la vie. Il resta fidèle à son « style » fait d’humour et de gravité intimement tressés, à son art de l’épure ainsi qu’à sa plume d’auteur dramatique. Car Joël Pommerat avait toujours porté deux casquettes à la fois, l’une n’allant pas sans l’autre : celle d’auteur et de metteur en scène. Il en fit toujours autant quand il s’empara des contes populaires de notre patrimoine littéraire (Pinocchio, Le Petit Chaperon rouge, Cendrillon) pour les adapter à sa manière en une ré-écriture aiguisée et personnelle. Les spectacles ainsi élaborés s’adressaient autant aux adultes qu’à leur progéniture, quand bien même ils n’étaient pas à mettre entre toutes les oreilles sous peine de cauchemars garantis (âge minimum requis : 6 ans). Son « Petit Chaperon rouge », actuellement repris à la Maison des Métallos, en est l’illustration parfaite. Le conte se déploie dans sa trame verbale par le biais d’un narrateur à la verticale d’un plateau quasiment nu. Nul effet de jeu ni de théâtralisation à outrance, le comédien (Rodolphe Martin) nous confie son histoire sobrement, avec nonchalance même. L’intrigue se concentre sur les relations intergénérationnelles entre la fille, la mère et la grand-mère bien plus que sur le rôle du loup. Comme à son habitude, il y a peu de mots mais les phrases font mouche et expriment au-delà de ce qui est dit. La mise en scène est limpide, délicate et ingénieuse. Les lumières et les sons (le bruitage est fascinant) tracent les lignes et volumes du décor et de notre imaginaire, de la maison de la petite à celle de la grand-mère en passant par la route à travers la forêt. La représentation du loup est aussi une réussite, échappant au costume animalier caricatural et risible. Tantôt noyé dans une semi obscurité propre aux songes tantôt enveloppé dans les draps du lit de la grand-mère dévorée, il ne se dévoile jamais totalement, gardant précieusement sa part d’ombre et d’effroi. Quant aux comédiens, ils se partagent à trois la totalité des personnages, ajoutant ou retranchant simplement un élément de costume pour qu’opère l’illusion. L’ensemble est, comme toujours chez Pommerat, d’une beauté irradiante. L’univers qu’il créé sur scène est inquiétant et ténébreux, d’une poésie subtile, mais s’hybride par petites touches en distillant un humour déconcertant et bienvenu. C’est magistral.

Philippe Chevilley, du Les Echos

[...] « Le Petit Chaperon rouge » revu par Joël Pommerat est un pur ravissement - un spectacle court (45 minutes), saisissant, qui conjugue fantaisie et mélancolie. Cris de joie des bambins (à partir de 6 ans), grand frisson des parents.

Annie Chenieux, du JDD

[...] Pour "son" chaperon rouge, Joël Pommerat a relu les différents textes et retenu les grands fondamentaux: la peur, le désir. Sa mise en scène repose sur la suggestion et l’évocation, à travers les sons, la lumière, les jeux d’ombres, créant une atmosphère mi-réaliste, mi-onirique, actuelle et éternelle. [...]