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vendredi 15 décembre 2017
Spirou et Fantasio s’exposent à la Galerie Daniel Maghen
 
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mercredi 13 décembre 2017
La culture estonienne passe son hiver à Paris avec Loov Kultuur
 
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mercredi 13 décembre 2017
Musique, danse et théâtre s’invitent à la table pour une performance insolite à voir à la Pop
 
Marie-Céline Nivière, du Pariscope

Autant vous prévenir de suite, le spectacle d'Alexis Michalik a produit sur nous la même émotion et le même engouement que lorsque nous avions découvert « Incendies » de Wajdi Mouawad. L'artiste libano-québécois a ouvert une belle boîte de Pandore et la jeune génération y puise une créativité régénérante. Alexis Michalik nous avait régalés avec ses deux premiers travaux joyeusement inspirés par Shakespeare, « La mégère à peu près apprivoisée » et « Roméo + Juliette », dans lesquels régnait un côté fou portant la légèreté et l'audace de la jeunesse. Avec « Le porteur d'histoire », l'artiste passe un cap. Cette fois-ci, il n'adapte pas, et se présente comme un auteur, et pas des moindres. Quant à sa mise en scène, elle porte trace d'une belle maturité. Alexis Michalik s'intéresse à la quintessence du théâtre, à savoir : nous raconter une histoire avec rien. Ce rien signifie : pas de décors, pas de superflu, un plateau nu et notre imagination en roue libre. Pour que cela fonctionne, il faut s'appuyer sur les comédiens sans qui rien ne peut se faire. Ici, ils sont cinq, interprétant plusieurs personnages, se passant le relais. Des prestations d'Evelyne El Garby Klai, Magali Genou, Amaury de Crayencour, Eric Herson-Macarel et Régis Vallée il serait réducteur de ne retenir que la performance d'acteur. Nous sentons chez eux un plaisir gourmand de faire respirer et vivre le texte. Dans une belle unité de jeu, ils nous entraînent dans un périple à travers le monde et le temps. On porte tous en nous notre histoire, celle de nos ancêtres et celle de l'humanité. C'est ce que comprend Martin Martin après la mort de son père. En découvrant un carnet manuscrit, ce jeune homme sans repères voit son univers basculer. Sa vie va alors ressembler à un roman à la Dumas. Ce spectacle a connu un grand succès deux années de suite au Festival off d'Avignon, il a tout pour transporter le public parisien !

Marie Plantin, du Pariscope

Après avoir emprunté allègrement aux classiques du répertoire dramatique, le jeune Alexis Michalik, se sert dans l’Histoire en général, puise dans ses figures littéraires et artistiques, brasse réalité et fiction pour nous concocter un spectacle saga, nourri de références et d’un travail de longue haleine, cocktail surprenant de maîtrise et de fougue, d’idées bouillonnantes et de cohésion globale. Non pas qu’on ait douté du talent du jeune homme mais jusque-là, Alexis Michalik s’était contenté (et ce n’est déjà pas si mal) de réécrire à sa façon, espiègle et contemporaine, des pièces de Shakespeare (« La Mégère à peu près apprivoisée », « Roméo et Juliette ») et Beaumarchais (« La Folle Journée » d’après « Le Mariage de Figaro »), ce dernier inspirant le nom de sa compagnie, Los Figaros. Dans sa dernière création, toute de son cru puisqu’il en est l’auteur autant que le metteur en scène -défi de taille relevé haut la main-, on croise Alexandre Dumas, Eugène Delacroix, Marie-Antoinette… On traverse les siècles, saute d’un continent à l’autre en des tours de passe-passe issus d’une mise en scène aussi subtile que dynamique. Sur le plateau, ils ne sont que cinq comédiens mais leur talent les démultiplie en une myriade de personnages tandis que le décor se réduit à un panneau noir en fond de scène, quelques tabourets, un portant de costumes où chacun vient puiser l’élément vestimentaire qui le fera passer d’un personnage à un autre, d’une époque à une autre, d’un pays à l’autre, d’une scène à l’autre. Une démonstration imparable qui témoigne de la puissance de l’imaginaire et surtout, du caractère fondamental de l’oralité dans la transmission des contes, légendes et histoires qui façonnent nos identités, collectives et individuelles. Il suffit de peu pour que l’on voyage beaucoup, pour que l’on vibre à l’orée de chaque chapitre, pour que l’on plonge littéralement dans le suspense feuilletonnesque de cette histoire gigogne aux innombrables ramifications, aussi romanesque que cinématographique. Ce « Porteur d’Histoire » nous porte et nous transporte, nous ramène aux émotions premières de l’enfance et nous interroge sur la place des histoires dans nos vies. Intelligent, cultivé et éminemment populaire, c’est un tour de force théâtral. Alexis Michalik est jeune il est vrai, mais son talent, sa passion, sa force de travail et sa propension à lever des troupes comme on soulève une armée, en font un metteur en scène qui laissera son nom dans l’Histoire du théâtre.

Dimitri Denorme, du Pariscope

Ils sont cinq comédiens sur scène, venus nous raconter une histoire. Ou plutôt une myriade d'histoires. Des histoires personnelles, comme celle de cet homme perdu sur une petite route algérienne, qui finit par débarquer dans un village reculé et y rencontrer une mère et sa fille. Ou celle d'un fils venu enterrer son père sous la pluie des Ardennes. Des histoires qui s'inscrivent dans la grande aussi, où l'on voit apparaître Alexandre Dumas père et fils, le pape Clément VI, Eugène Delacroix et une mystérieuse famille, les Saxe de Bourville, semblant irrémédiablement liée à tous les bouleversements historiques et n'ayant pourtant laissé aucune trace dans les livres… Des histoires qui traversent les continents et les époques et qui ont pour but ultime de nous donner justement à réfléchir sur la notion de récit, d'histoire et d'Histoire… Alexis Michalik a composé un spectacle des plus captivants. L'économie de moyens à laquelle il s'est plié libère son imagination. On l'avait déjà constaté dans sa version de « Roméo et Juliette ». Ca n'en est ici que plus flagrant encore. Pas de décor si l'on excepte quelques tabourets, un tableau noir et un portant que les comédiens utilisent pour donner naissance à chaque personnage. Amaury de Crayencour, Evelyne El Garby Klai, Magali Genoud, Eric Herson-Macarel et Régis Vallée nous bluffent par leur talent et leur énergie. Les critiques élogieuses et le bouche à oreille ont fait leur œuvre. Ce spectacle est bien l'un des gros succès de la saison. Plébiscité à Avignon, repris au théâtre 13 à l'automne dernier, il continue de ravir chaque soir les spectateurs du Studio des Champs-Elysées depuis février. Si vous n'êtes pas encore allé l'applaudir, on ne saurait que trop vous le conseiller, ces remarquables porteurs d'histoires ont prévu de vous enchanter jusqu'à fin juin.

Myriem Hajoui, du A nous Paris

Il suffit de rien parfois pour faire du théâtre, quelques objets, et soudain une multiplicité d'espaces et d'époques se déploient sous nos yeux ébaubis. [...]

Jean-Luc Bertet, du JDD

Alexis Michalik tient en haleine le public jusqu’au bout. Il s’est donné de sérieux maîtres en la matière. Hormis Dumas, Shakespeare, Wajdi Mouawad, Simon McBurney, Ariane Mnouchkine trônent dans son panthéon [...]

Sylviane Bernard-Gresh, du Télérama

[...] Le spectacle est plein d'une folie jubilatoire qui nous parle avec énergies des pouvoirs de l'imaginaire et du livre.