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jeudi 14 novembre 2019
Le “J’accuse” ferme et délicat de Thissa d’Avila Bensalah
 
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mercredi 13 novembre 2019
Les Uppercuts de Séverine Chavrier ne laissent pas KO, ils exaltent
 
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mercredi 13 novembre 2019
Les Peintres Naïfs exposent leurs atours et leur diversité au Musée Maillol
 
Arlette Frazier, du Pariscope

Selon la légende, Shakespeare aurait composé cette comédie à la demande de la reine Elisabeth qui souhaitait voir un Falstaff amoureux. Dans la petite ville provinciale de Windsor, Sir John Falstaff, pour renflouer ses finances en baisse, courtise deux bourgeoises, Mesdames Duflot et Lepage. Les deux commères, pleines de bon sens, remarquent que Falstaff en veut surtout à leurs écus et moins à leurs charmes. Elles vont lui jouer quelques tours pendables qui vont mettre à mal sa superbe et ses prétentions amoureuses. Après quelques tentatives maladroites, Falstaff se verra évacuer dans un panier à linge et jeter à la rivière par les domestiques. Quelques coups de bâton et un ridicule rendez-vous dans la forêt de Windsor achèveront de le discréditer. Bruno Raffaelli campe un Falstaff dont il a le physique et la rondeur mais qui manque de saveur et de démesure. La troupe est éblouissante avec Thierry Hancisse, Cécile Brune, Catherine Sauval, Loïc Corbery, Pierre Louis-Calixte, Serge Bagdassarian, Andrzej Seweryn. Mais c'est surtout Christian Hecq qu'il convient de saluer. Un véritable génie comique. Madame Pétule, c'est la grande Catherine Hiegel, savoureuse et impeccable comme toujours, et que quelques « ayatollahs » viennent de chasser de la maison de Molière. Mais c'est une autre histoire… Andrès Lima, le metteur en scène espagnol, a privilégié une esthétique baroque un peu lourde. On rit souvent lors de cette représentation, grâce à des comédiens irrésistibles de drôlerie, mais il manque une grande pincée de folie pour que notre plaisir soit comblé.

Alexis Campion, du Journal du dimanche

Moins connue que ses autres pièces, la comédie la plus colorée de Shakespearienne entre au répertoire de la Comédie Française dans une mise en scène enlevée de l’Espagnol Andrés Lima. Le premier tableau, digne d’un maître hollandais (ou anglais) est d’une composition parfaite. Tous les ingrédients sont déjà là, dans la taverne où siège une bande de joyeux drilles, à commencer par la paillardise, l’activité sexuelle étant un élément moteur de leur existence, et l’invention de jeux de mots, auxquels la traduction de Jean-Michel Déprats et Jean-Pierre Richard laisse une bonne et juste place. Les Comédiens-français, tous grimés, quasi méconnaissables, font, comme toujours dans ces cas-là, étalage de leurs multiples talents. Ils chantent, ils dansent, colifichets sexuels pendant comme des breloques. Thierry Hancisse est formidable de truculence, tout comme le Falstaff de Bruno Raffaelli, Loïc Corbery est épatant de candeur et de drôlerie, mais il faudrait les citer tous. Catherine Hiegel, Madame Pétule, est, comme à chaque rôle de composition, étonnante, et le ludion Christian Hecq tout à fait irrésistible. Scénographie, costumes et lumières, tout concourt à la réussite de la représentation. Le ton de la farce éclate à tout moment, dans une langue fantastiquement vivante, faisant de la pièce la plus joyeuse des comédies.