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mercredi 18 mars 2020
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mardi 17 mars 2020
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Denorme, du Pariscope

L'histoire de cette petite fille privilégiée, c'est l'histoire vraie de son auteure, Francine Christophe, qui de 1940 à 1945, de 7 à 12 ans, connut l'enfer des camps. Le titre ne joue d'aucune ironie. Et d'ailleurs, c'est sur son explication que s'ouvre le spectacle. « Je fus une petite fille privilégiée, parce que mon père avait été prisonnier. Et, aussi curieux que cela paraisse, c'est ce qui me sauva la vie… » La Convention de Genève permettant aux femmes et enfants des officiers prisonniers de guerre français de rester dans leur pays, à titre d'otages, n'offrit qu'un répit à Francine et sa mère. Arrêtées et retenues successivement dans les camps de Poitiers, Drancy, Pithiviers et Beaune-la-Rolande, elles finirent quand même malheureusement par être déportées en Allemagne, à Bergen-Belsen, là où une autre petite fille trouva la mort, Anne Frank. De retour en France, Francine Christophe consigne ses douloureux souvenirs. La peur, la faim, l'injustice, la maladie et la souffrance. Elle tente de mettre des mots sur l'indicible. Il faudra du temps pour que son histoire paraisse : un demi-siècle. Le temps d'une reconquête de la vie. Sur la scène, c'est au tour de Magali Hélias de transmettre ce témoignage. L'exercice est difficile. La comédienne n'a d'autre choix que de trouver le ton juste. Il faut qu'elle soit à la fois la petite fille qui s'étonne de la disparition de son père ou de se découvrir un petit matin juive, et l'adulte qui nous prend par la main pour nous accompagner au cœur de l'horreur. Magali Hélias est remarquable dans cet exercice. Dirigée par Philippe Hottier, elle évite soigneusement l'écueil de l'outrance et d'un pathos exacerbé. Le récit bouleversant se suffit à lui-même. La parole étant toute puissante le metteur en scène n'a pas cherché à la parasiter. Tout au plus a-t-il choisi de la faire accompagner par la bande sonore de Claude Villières qui joue son rôle à plein. Nous reste alors à nous agripper aux notes d'humour et de tendresse du récit pour pouvoir reprendre, par instants, notre respiration. Parents, professeurs, emmenez vos enfants, vos élèves, applaudir ce spectacle. C'est un devoir de mémoire.