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Marie Plantin, du Pariscope

« Warm » est une performance sous le signe de la chaleur pour les interprètes comme pour les spectateurs. « Warm » ou deux acrobates, Alexandre Fray et Frédéric Arsenault, l’un porteur, l’autre voltigeur, pris dans les feux étouffants de deux murs de projecteurs, placés de part et d’autre du plateau. Au fond, un panneau de miroirs vibrants dédouble leur présence et implicitement nous renvoie à notre place de spectateur-voyeur. Sur le côté droit, il y a cette fille, discrète et puissante, la comédienne Virginie Vaillant, reléguée aux mots. Physiquement mise à l’écart, elle s’impose pourtant par le biais de cette parole injonctive et performative. Car ce poème sonore (et scénique,) égrainé au micro, se meut en actes sur le plateau, déplaçant les rapports de forces qui se tissent entre les deux hommes. La femme est celle qui commande par sa voix mais son corps n’est pas (ou peu) en jeu. Elle dicte sa loi, celle de ses fantasmes. Eux s’exécutent, ne reculent pas devant la mise en danger de leurs corps dilués par la transpiration, la sueur rendant les prises d’appui glissantes, donc risquées. Dans la plus grande simplicité, habillés comme à la ville, jean et tee-shirt (vite ôté), les deux hommes entreprennent une danse duo faite de portés enchaînés, un pas de deux ultra physique, une succession de poses acrobatiques et virtuoses et pourtant dépouillées. Pas d’artifices esthétiques, pas de gestes superflus. David Bobée et Ronan Chéneau, respectivement metteur en scène et auteur, vont à l’os pour mieux exhiber la chair. Mains à mains, mains à pieds, tête à pieds, mains à buste… le corps à corps se décompose en figures circassiennes qui tissent au fur et à mesure une histoire, un couple, une appréhension de la complexité du désir et des pulsions sexuelles. Avec « Warm », David Bobée et Ronan Chéneau poursuivent leur exploration d’un théâtre décloisonné, ouvert à d’autres disciplines artistiques. Déjà présent mais plus périphérique dans « Cannibales » et « Nos Enfants nous font peur quand on les croise dans la rue », le recours aux techniques de cirque est ici le point pivot de cette proposition courte et concentrée qui va droit au but : l’organique. Sans faire de manière ni prendre de détours, les deux complices percutent nos sens et sont, encore une fois, en phase avec l'air du temps du théâtre.