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Marie-Céline Nivière, du Pariscope

Zavatta ! Le nom résonne comme une parade de cirque, éveillant en nous des souvenirs rattachés à l’enfance. Tout cela est également valable pour Warren Zavatta, mais peut-être pas de la même manière que nous. Ce grand échalas de près de 2 m n’est autre que le petit-fils de l’Achille. Disons-le tout de suite, s’il a une tête de méchant pour les films, on le verrait bien jouer Oberon, chez Shakespeare. C’est tout son drame à ce garçon, vouloir « faire comédien » et non « cirque ». Il a très bien réussi les deux, mais le chemin ne fut pas facile. C’est ce qu’il nous raconte dans son spectacle. Bien évidemment, il règle ses comptes au monde « féerique et merveilleux » du cirque. Tel un funambule, il glisse sur son fil conducteur, sans jamais tomber dans l’aigreur. Car il ne renie rien. Il a beau donner des coups de griffe, la tendresse se profile. Il est un vieux lion qui rugit, refuse de faire son numéro, bouffe le dompteur et se dresse triomphalement. Son texte est écrit, dans l’encre des Zavatta, mais avec une très belle plume. On pourrait dire que c’est un grand numéro d’artiste, mais c’est plus que cela, c’est un excellent spectacle. Mis en scène par Anne Bourgeois, il nous entraîne dans un récit passionnant, drôle, sincère et émouvant.

La rédaction de Pariscope, du Pariscope

Pour vous comme pour nous, Achille Zavatta se confond avec l'histoire du cirque. Mais pour son petit-fils Warren, cette notoriété a rayonné à ses dépens. Grand comme un pylône électrique, musculeux, ce jeune musicien-acrobate-jongleur était destiné à marcher sur les pas de ses illustres aïeux. Mais non, il préfère le hors-piste. S'il se plaît à être ailleurs, loin de la piste aux étoiles de papy, c'est que le rejeton a mal à sa jeunesse. Son trauma fondateur, son talon... d'Achille, c'est précisément grand-papa, cette figure tutélaire, certes, mais ô combien écrasante avec son absence... et ses coussins péteurs ! Relever de cette haute lignée de clowns n'est pas une sinécure : porter des costumes clinquants et des chaussures ridicules (54 fillette) alors qu'on rêve de Comédie-Française, mouais... Mais voilà : choisir une autre profession relèverait du crime de lèse-majesté. Et puis, inspecteur ou docteur Zavatta, ça ne le fait pas. Qu'il le veuille ou non, Warren s'enracine dans le monde des saltimbanques : élevé par une mère anglaise et un père rital pur jus, au milieu des nains et des arbalètes, il se souvient encore de ses couches pailletées et de ses débuts fumants. Sa boule à zéro ? Il a craché du feu sans se méfier du sens du vent. Sa chérie ? Partie avec l'homme-canon. Tu parles d'un destin. Alors voilà, il bifurque, vise Broadway mais se retrouve vite rattrapé par la branche italienne de la smala... Baladin insolent, Warren monte sur scène pour dévoiler les coulisses du "merveilleux" monde du cirque, en dézinguer les codes crispants, mais aussi pour en révéler l'essence. Auguste défi joliment co-mis en scène avec Anne Bourgeois. Enquillant gags à gogo et pieds de nez, l'enfant de la balle jongle entre le tourbillon des extravagances familiales et une tendresse palpitante. Vient alors l'évidence que ce qu'il décrit en creux, c'est la difficile reconquête de soi, de son histoire, et surtout la passion immense d'un petit-fils pour son grand-père. Un homme qu'il aimait tout bas et plaçait très haut. On en prend la pleine mesure lors du finale, où perce une émotion ténue. Voici un homme à manipuler avec précaution, aurait dit Henri Calet : secouez-le, il est plein... de charme !

Michèle Bourcet, du Télérama

Si vous avez des petites étoiles dans les yeux en entendant le mot "cirque", ce spectacle n'est pas pour vous. En effet, Warren Zavatta s'emploie ici à "dézinguer" un monde souvent qualifié de "merveilleux". Du haut de son mètre quatre-vingt-douze, le comédien-musicien-acrobate-jongleur retrace dans son one-man-show -impeccablement mise en scène par Anne Bourgeois - son parcours d'enfant de la balle malgré lui. Une relation amour-haine qui a inspiré au petit-fils du célèbre clown Achille Zavatta un spectacle original d'une drôlerie vacharde. Même s'il donne parfois le sentiment de règler des comptes, on devine que cette apparente acidité cache surtout une sensibilité blessée.