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mardi 11 décembre 2018
Voyage dans l’Île-de-France des friches avec une exposition gratuite
 
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lundi 10 décembre 2018
Transe amoureuse sous la plume de Faulkner
 
Marie Plantin, du Marie Plantin pour Pariscope

Avec sa dernière création actuellement présentée dans l’écrin chaleureux de la Pépinière Théâtre, Alexis Michalik ne nous déçoit pas et ceci est déjà, en soi, un exploit. Car son précédent spectacle, "Le Porteur d’Histoire" (d’ailleurs toujours à l’affiche du Théâtre des Béliers Parisiens), nous avait tant régalés qu’il nous semblait presque inéluctable d’encaisser une certaine déconvenue. Et bien non. Le metteur en scène couronné de succès tient ses promesses et s’engouffre dans la voie explorée par ses soins depuis qu’il écrit lui-même ses propres pièces, témoignant d’une imagination sans frein et d’un goût certain pour l’Histoire, la grande mais aussi les petites qui lui sont chevillées au corps.

Après avoir célébré le pouvoir du récit et témoigné sa foi dans la force d’un théâtre artisanal, fait de peu et centré sur l’acteur, il récidive et explore, avec la même formule, un territoire nouveau bien que proche : la magie et les vertus imaginaires de l’illusion. Une filiation thématique évidente qui célèbre une fois de plus la transmission orale des histoires, la façon dont le réel est tissé de fictions secrètes qu’il suffit d’extraire, de transformer, d’agencer entre elles pour en faire une matière théâtrale labyrinthique en forme de séquences gigognes. Et l’on voyage d’une époque à une autre, d’un pays à l’autre, à vue et en un éclair. Des tours de passe-passe qui relèvent d’une mise en scène légère et dynamique, et – osons le mot – virtuose. Il suffit de peu pour qu’on y croit beaucoup et l’argument fonctionne à merveille tant le spectacle est rôdé et huilé comme une mécanique horlogère imparable.

Et puis il y a les comédiens, six en tout, préposés à plusieurs rôles, capables de changer de peau comme on change de costume, en un tour de rein. Ils sont les rouages de cette machine à remonter le temps, les instruments parfaitement accordés au service d’une partition romanesque en diable où l’on croise un voleur à la tire du métro parisien, Robert-Houdin, célèbre créateur d’automates, le cinéaste Georges Méliès et tant d’autres personnages. Chacun apporte sa pierre à l’histoire en train de se bâtir sous nos yeux, tel un édifice fascinant composé de portes secrètes, de trappes cachées, de caves et de salles mystérieuses. A travers un récit diablement cinématographique, tout en surprises et suspense, aventures et amours, Alexis Michalik créé un spectacle redoutablement intelligent, drôle souvent, et surtout trépidant et instructif. Pour la première fois, il intègre la vidéo comme élément scénographique et c’est une réussite de plus.

Ce jeune homme a décidément des ressources à partager et un amour du théâtre qui lui donne des ailes. Avec "Le Cercle des Illusionnistes", il nous entraîne aux origines du 7ème art et rend hommage à ces magiciens passionnés qui ont consacré leur vie à inventer des machines à rêver. Et c’est tout simplement merveilleux.