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Préhistoire et Art Moderne dialoguent à Beaubourg en une exposition captivante

C’est une exposition titanesque qui se répand actuellement au niveau 6 du Centre Pompidou, qui fait entrer en collision avec une pertinence lumineuse, Préhistoire, naissance de l’Art et Art Moderne, répercussions sur l’Art Contemporain et archéologie du futur en un spectre temporel d’une envergure vertigineuse et d’une résonance philosophique et imaginaire abyssale.
On s’enfonce dans cette exposition d’une ambition artistique et historique phénoménale et d’une ampleur chronologique considérable comme en une grotte obscure, un écrin de strates temporelles multiples tissant un réseau de réflexions autour de l’origine de l’humanité et de l’origine de l’art, de la découverte et de l’invention de la Préhistoire en tant que temporalité terrestre et humaine, du dialogue fertile entre Art Moderne et Arts Premiers. “Préhistoire, une énigme moderne”, le très beau titre de l’événement en résume l’esprit et annonce sa portée, la circulation des époques et leur cohabitation, opérant des rapprochements passionnants. Une telle exposition est le fruit de plus de cinq ans de travail collectif, de la réunion de trois commissaires (Cécile Debray, Rémi Labrusse et Maria Stavrinaki) et de l’architecte-scénographe Pascal Rodriguez qui imagine un parcours sinueux dans lequel salles obscures et caverneuses alternent avec des espaces plus lumineux et aérés. On navigue ainsi dans l’épaisseur du temps et de l’Histoire de l’Art, on engrange dans son regard des œuvres emblématiques de la modernité qui sont nombreuses, issues de diverses techniques (peinture, sculpture, photographie) et réparties tout du long. Signées Cézanne, Chirico, Max Ernst, Yves Klein, Miro, Picasso, Kandinsky, Louise Bourgeois, Dubuffet, Giacometti ou encore Robert Delaunay, Brassaï, Lucio Fontana, Giuseppe Penone, elles nous rappellent à quel point les artistes modernes ont puisé leur inspiration dans le passé préhistorique pour mieux creuser le mystère de l’humanité et de ses origines. On se régale de découvrir des perles archéologiques datées de quelques dizaines de milliers d’années avant notre ère, en l’occurrence cette merveille des merveilles, cette figure féminine dite “Vénus de Lespugue” conservée au Musée de l’Homme, mais également ces silhouettes de femmes et d’animaux taillées à même la pierre, ces statuettes miniatures aux formes girondes présentées sur des stèles sous vitrine dans une salle recelant des pièces qui forcent l’admiration et l’émotion. En effet, s’y côtoient dans un jeu de parallélisme fascinant, sculptures exhumées de la nuit des temps et œuvres du XXème siècle. Les matières résonnent les unes avec les autres, empruntées à la nature le plus souvent (pierres, calcaire, plâtres, bronzes, marbres ou galets) et les sujets se répondent, la femme étant le modèle le plus répandu quelle que soit l’époque. La question de la matière est d’ailleurs abordée du point de vue de l’outil qui la domine, forme naturelle et artefact se confondent parfois, semant le trouble et réinterrogeant à l’infini le hiatus philosophique nature/culture. Le motif de la caverne est bien sûr présent, matrice à la fois créatrice et protectrice, espace des premières expressions artistiques et abri contre les agressions et catastrophes extérieures. Au fur et à mesure qu’on s’enfonce dans l’exposition, l’art contemporain s’invite aussi dans la partie avec des artistes comme Miguel Barcelo, Richard Long, Pierre Huyghe, Carl André, Bertrand Lavier, Marguerite Humeau ou Dove Allouche. La science-fiction fait son entrée en fin de parcours ainsi que la culture pop liée à la Préhistoire, dinosaures et extra-terrestres se rejoignant dans un imaginaire commun.

Dans cette exposition monumentale qui a bénéficié du soutien exceptionnel du Muséum national d’Histoire naturelle - Musée de l’Homme, du Musée d’archéologie nationale – Domaine national de Saint-Germain-en-Laye et du Musée national de la préhistoire ainsi que de la Fondation archéologique Pierre Mercier, le visiteur plonge dans la fascination des artistes modernes et contemporains à l’égard de la Préhistoire, temps antérieur à l’Histoire donc hypothétique, insaisissable et mystérieux, et source des premières formes d’expression artistique, que ce soit à même les parois des grottes ou à même les pierres et autre matériaux naturels que les premiers hommes marquèrent de leur empreinte. “Préhistoire, une énigme moderne” fonctionne en strates et jeux de miroirs vertigineux, en visions fantasmées, attrait historique et artistique entremêlés, questionne le passé le plus lointain et par la même occasion le futur à notre porte. Métaphysique, rien de moins. 

Par Marie Plantin

Préhistoire
Une Enigme moderne
Du 8 mai au 16 septembre 2019
Au Centre Pompidou
Place Georges Pompidou
75004 Paris
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