Diaporama
lundi 24 septembre 2018
Der des der pour le Cirque Plume
 
Actualités
lundi 24 septembre 2018
Une semaine d’exploration des musiques actuelles avec le Red Bull Music Festival Paris
 
Actualités
vendredi 21 septembre 2018
La peinture en clair-obscur du Caravage s’expose au Musée Jacquemart André
 
base

Ballet de robes à la Galerie Alaïa

Jusqu’au 10 juin, la Galerie Azzedine Alaïa, nichée au fond d’une cour historique du Marais, présente l’exposition “Je suis couturier”, un choix de robes de haute volée, reflet du génie du créateur, écho d’une vie entière à façonner des silhouettes sublimes et hors du temps.
C’est fou ce que les robes d’Alaïa ont du corps. Chacune d’entre elles est une architecture et leur déclinaison construit sur la continuité une ode au corps féminin, à ses courbes, ses ondulations, ses volutes. Courtes ou longues, noires ou blanches (rouge éventuellement), elles ont toutes la particularité d’en épouser les contours, de souligner la taille, le galbe des hanches, de jouer sur les ajourements du tissu. Robe fuseau rehaussée d’une capuche légère comme un voile qui vient se répandre en plis sur le torse, robe de mousseline, de cuir ou de velours, silhouette ajustée ou évasée, tunique fluide à la romaine, fourreau longiligne, l’exposition révèle la maîtrise, la perfection et l’intemporalité qui émane de chaque modèle, une inspiration qui se nourrit du monde animal voire végétal et renouvelle les figures types du passé, en réhabilitant des esthétiques traditionnelles héritées des drapés romains, des colonnes antiques, des robes de bal d’époque ou de réception haut de gamme, des géométries modernes... Le passé et le présent se mêlent sans complexe pour retenir l’essentiel des coupes et des matières, l’évidence de la forme, l’absolu de la structure.

Les robes d’Alaïa sont de véritables sculptures, le mot n’est pas usurpé, et présentées comme telles sous la verrière de sa galerie du Marais où il présentait, de son vivant, ses défilés. Chaque pièce s’inscrit dans une alcôve éclairée crûment pour mieux nous laisser le loisir d’en apprécier chaque détail autant que d'en goûter le volume d'ensemble. La structure du mannequin qui porte chaque robe s’efface pour mieux laisser parler la sensualité du tissu. Quarante et un modèles somptueux sont exposés, sélectionnés avec cohérence et sensibilité par Olivier Saillard, historien de la mode reconnu, déjà commissaire de l’exposition Alaïa qui faisait la réouverture du Palais Galliera en 2014 et dont on reconnaît d’ailleurs quelques modèles. Son choix va droit au but, mise sur le minimalisme et les pièces cultes du couturier dont on peut appréhender la ligne avec clarté.

Décédé il y a quelques mois, Alaïa avait voulu, en créant l’Association Azzedine Alaïa appelée à devenir prochainement la Fondation Azzedine Alaïa, préserver son œuvre et sa collection personnelle tout en la partageant avec le grand public via des expositions régulières et la publication d’ouvrages. Cette exposition est la première d’une longue série et nous en voilà ravis.

Par Marie Plantin

Alaïa : Je suis couturier
Du 14 février au 10 juin 2018
18 Rue de la Verrerie
75004 Paris
Réserver cet évènement