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Christie’s expose des chefs-d’œuvre de l’Impressionnisme et de l’Art Moderne avant leur mise en vente au printemps

Courez vite chez Christie’s ! Il s’y expose dès demain des œuvres extraordinaires, de toute beauté, signées par les plus grands peintres des XIXème et XXème siècle. Et l’entrée est libre.
Rarement on aura vu autant de chefs-d’œuvre au mètre carré. Les toiles qui s’exposent actuellement dans les salons élégants de Christie’s avant leur vente aux enchères à New-York au printemps, sont d’une beauté à couper le souffle. Littéralement. Et le grand public y a accès librement entre le 16 et le 21 mars, soit une poignée de jours seulement. Une aubaine à ne pas manquer, un privilège inégalé.

Plusieurs collections s’y côtoient, toutes plus impressionnantes les unes que les autres, contribuant, non seulement à la visibilité d’oeuvres exceptionnelles, mais également au rayonnement du nom de collectionneurs et mécènes qui ont joué leur part dans l’Histoire de l’Art. A commencer par la première salle qui abrite une dizaine d’œuvres d’art impressionniste et moderne de la Collection Rockefeller, de pures splendeurs que l’on voudrait toutes citer tant l’émotion procurée par chaque toile infuse en profondeur. Deux Picasso somptueux : une toile verticale s’inscrivant dans la période rose de l’artiste, “Fillette à la corbeille fleurie”, d’une expressivité, d’une plénitude et d’une épure saisissantes, aux teintes mélancoliques et douces rehaussées par le rouge chaleureux des fleurs dans leur panier ; et un petit format, une pomme sur papier, nature morte exquise de précision et de délicatesse. On en oublie la formidable maîtrise technique tant chaque toile irradie son sujet. Egalement présentés, - sachant que les quelques pièces accrochées ne représentent qu’une infime partie de la collection intégrale -, un Delacroix rare (“Tigre jouant avec une tortue”), un Manet qui est l’image même de la grâce, un petit bouquet printanier (“Lilas et roses”), un Gauguin à tomber par terre (“La Vague”) aux couleurs renversantes, un Juan Gris très bien choisi (“La Table de musicien”), un dessin d’Ingres (portrait de femme) et trois paysages réalisés par Monet, Seurat et Corot témoignant d’un travail sur la lumière magnifique.

“Si l’on a la chance de vivre avec de beaux objets, on devrait les partager autant que faire se peut avec les autres. Je dis “vivre avec” délibérément, car lorsque l’on vieillit, on se rend compte qu’on ne possède pas véritablement les choses - on en est simplement le dépositaire”. disait David Rockefeller, homme d’affaire et milliardaire américain qui, avec sa femme Peggy Rockefeller, prolongea l’héritage de son père, John D. Rockefeller, magnat du pétrole et philanthrope notoire. Le profit de la vente sera d’ailleurs reversé à des œuvres caritatives en divers domaines. On est subjugué par la qualité, la sensibilité et l’évidence des choix du couple Rockefeller, dénotant un goût pour l’art indéniable, un flair sincère et sans faille, une attirance particulière pour une certaine forme de quintessence picturale. 

Dans la salle attenante, on entre dans l’univers de la Famille Hessel, en particulier chez le couple Jos et Lucy qui furent à la fois marchands d’art, mécènes et modèles de Vuillard, devenu leur ami. Les tableaux, des portraits pour la plupart, reflètent l’intimité, la complicité et l’amitié du peintre pour les Hessel au fil des ans, leur cadre de vie, appartement ou maison de campagne. Les toiles sont chaleureuses et habitées. Mention spéciale à “La Balayeuse”, une pépite qui nous laisse pantois de gratitude, et à ce pastel sur papier rose représentant Madame Hessel lisant, de profil, d’une douceur et d’un calme inspirant. Si les Vuillard sont nombreux et de grands crus, ils n’occupent pas pour autant tout l’espace, côtoyant d’autres toiles d’égale tenue, dont deux Bonnard radieux (“La Toilette”) et “La Dame en rouge”, altière dans sa robe coquelicot, un Maurice Denis aux chromatismes et à la composition splendides, et un buste de femme de Maillol, tout en charme, arrondis et spiritualité qui nous étourdit de son aura.

Après cet hommage généreux à la famille Hessel, les salles d’après prolongent en un dédale chargé d'œuvres de l’Art impressionniste et moderne, notre étourdissement, avec la réunion de toiles issues de plusieurs collections différentes et abondantes. D’abord, on tombe nez à nez avec “Le Baiser” de Rodin et l’on est ému jusqu’à la moelle. Ensuite, on avance comme en une forêt pleine de bruissements et de scènes inattendues à chaque tournant. Ici, une “Jeune Fille à la poupée” de Foujita nous éblouit de sa carnation nacrée, spécialité de l’artiste, là c’est une petite toile de Bonnard, “La Maison aux environs du Grand-Lemps” qui nous arrête tout net, “L’Etreinte” de Picasso qui se passe de tout mot ou encore ce visage de Toréador de Buffet. On ne peut pas tous les citer, y compris la section des dessins anciens et du XIXème qui s’ajoute à la promenade, tant sont nombreuses les oeuvres qui nous émerveillent.

On s’abreuve à ces chefs-d’œuvre comme à une source rare et bienfaisante. En parcourant les salons tapissés de toiles plus belles les unes que les autres, on croit vivre un miracle. Vraiment, ne pas en profiter serait bien trop dommage.

Par Marie Plantin

Collection Rockefeller
Collection Hessel…
Du 16 au 21 mars 2018
Chez Christie’s
9 avenue Matignon
75008 Paris
Entrée libre