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Duo en coulisse où théâtre et intimité conversent d’une même voix

Le tg STAN poursuit son étroit compagnonnage avec l’œuvre cinématographique d’Ingmar Bergman en adaptant “Après la répétition”, huis clos propice à une transposition scénique, dans ses thèmes et sa structure.
“Après la Répétition” vient clore la série de propositions made in tg STAN accueillies par le Théâtre de la Bastille, leur maison parisienne, toujours fidèle. Il y aura eu “Infidèles”, une adaptation d’un scénario de Bergman déjà, nourrie d’emprunts à son autobiographie “Laterna Magica”. Il y aura eu “Atelier”, une performance burlesque en trio mettant en jeu la fabrique du spectacle dans un capharnaüm poétique où l’imaginaire irradiait des décombres d’une scénographie rocambolesque. Et voici maintenant “Après la répétition” d’après Bergman encore (un téléfilm de 1984), inépuisable source de dialogues réalistes, traquant nos contradictions, nos dérobades et nos débâcles sentimentales, notre mauvaise foi crasse, notre attrait pour la vérité pourtant, nos tentatives de l’approcher, de la dire au plus près. On y retrouve l’obsession du cinéaste suédois pour la “chose théâtrale” qu’il décortique à merci comme s’il tentait de comprendre son propre métier, sa fascination pour les acteurs et les actrices en particulier, ce mystère inhérent à la création. Et puis il y a le désir qui s’immisce partout, l’amour qui prend le relais, et les pistes brouillées entre fiction et réalité, entre la scène et les coulisses, la vie qui interfère avec l’art, autant de motifs passionnants, un peu rebattus certes mais toujours pertinents. Autant de sujets qui avaient tout pour séduire Frank Vercruyssen, pilier du tg STAN, autant de thématiques rejoignant la recherche plus globale du collectif flamand sur la mise à nu du processus de création scénique et son goût pour le dévoilement de l’illusion théâtrale.

Depuis quelques temps déjà, le tg STAN aime élargir son champ de jeu et l’ouvrir à des comédiens issus de compagnies extérieures, voire à des danseuses comme Alma Palacios, sortie de l’Ecole Parts d’Anne Teresa de Keersmaeker qui était une merveilleuse Mademoiselle Else. Là, c’est Georgia Scalliet, rien de moins que de la Comédie-Française, qui s’y colle et la rencontre opère. “Après la répétition” est un huis clos entre un metteur en scène un peu vieillissant et sa jeune comédienne, qui plus est fille de feu l’actrice dont il a été toute sa vie épris. Ils se retrouvent tard sur le plateau du théâtre, pour prolonger une répétition après le départ de la troupe. Tête-à-tête tantôt inconfortable, tantôt complice, tantôt tendu, tantôt léger, où fusent pêle-mêle les sujets de conversation : le spectacle en cours, les questions sur le rôle, le théâtre en général, les souvenirs, le passé qui ressurgit par la présence de la mère (dans une scène fascinante où Georgia Scalliet se métamorphose en actrice défaite, titubante et désespérée). On est agréablement surpris de voir comment le duo, pourtant issu de paysages théâtraux radicalement opposés, fonctionne. La jeune pousse du français qui a le vent en poupe en ce moment se glisse avec grâce dans le réalisme de jeu tel que le tg STAN le pratique. Et l’osmose contre toute attente advient. Et c’est beau de voir qu’avec si peu, et juste du jeu, on peut nous emmener si loin.

Par Marie Plantin

Après la Répétition
Du 25 octobre au 14 novembre 2018
Au Théâtre de la Bastille
76 Rue de la Roquette
75011 Paris
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