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Edouard Levé en creux à la Maison de la Poésie

Yoann Bourgeois, Valérie Mrejen, Thomas Clerc et Florent Marchet se passent le relais sur la scène de la Maison de la Poésie ce samedi pour évoquer l’œuvre d’Edouard Levé, disparu il y a dix ans exactement.
Dix ans ont passé depuis qu’Edouard Levé a quitté ce monde, artiste mystérieux qui se sera suicidé juste après la publication de sa dernière œuvre intitulée "Suicide" justement, relatant, avec cette sobriété et cette distanciation qui auront fait sa marque de fabrique, le suicide d’un ami et la vie qui l’aura précédé. Œuvre annonciatrice. Sachant que la précédente s’intitulait "Autoportrait", force est de constater que les rapports entre la création de Levé et son existence même étaient pour le moins liés. Une intimité qui parvenait à ne jamais être impudique. Tout comme dans sa série de clichés intitulée "Pornographie" reprenant des poses sexuelles évocatrices avec des modèles tout habillés, mélange détonnant de crudité et de mise à distance, l’humour s’invitant dans le hiatus pour mieux colorer le tout. Edouard Levé était un artiste étonnant et son œuvre littéraire autant que photographique n’a jamais trouvé de semblable en la matière. Unique, le qualificatif est souvent galvaudé pour évoquer le travail d’un artiste et pourtant chez Levé l’adjectif colle parfaitement, et il n'est pas anodin de remarquer que cet homme ayant conçu une œuvre absolument singulière habitée de solitude était fortement travaillé par le thème du double et du dédoublement. 

C’est ainsi que dix ans presque jour pour jour après sa disparition, la Maison de la Poésie lui consacre une soirée. Pas une célébration ni un hommage convenu mais une évocation vivante, au présent, par quatre personnalités venues de territoires artistiques différents mais dont les trajectoires ont, à un moment donné, croisé celle d’Edouard Levé ou de son oeuvre. Le compositeur et chanteur Florent Marchet a mis en voix et en musique les premières pages de "Suicide". Lui qui a beaucoup travaillé avec l’écrivain Arnaud Cathrine, est familier de la littérature et sa démarche musicale rejoint souvent le champ littéraire donc on imagine aisément que l’exercice sera fructueux. Le chorégraphe et circassien Yoann Bourgeois, familier des univers de déséquilibre flirtant avec le vide, a collaboré au film "Je me demande où partent les rêves", co-réalisé avec le cinéaste Benoît Toulemonde et dont La BO est composée de fragments d’"Autoportrait". Quant à l’auteur Thomas Clerc, il a consacré à l’artiste une nouvelle de son recueil "L’homme qui tua Roland Barthes". Et la vidéaste et plasticienne Valérie Mrejen l’a filmé dans plusieurs courts-métrages ("Blue Bar", "Il a fait beau", "La Défaite du Rouge-Gorge").

Car Edouard Levé était inspirant dans sa personnalité même, au-delà de sa création, et son absence est pleine de l’énigme de sa vie et de sa mort. L’occasion de se replonger dans son legs, dans ce qu’il nous reste de tangible à travers lectures et projections qui dessineront les contours d’un absent que l’on regrette toujours autant.

Par Marie Plantin

En l’absence d’Edouard Levé
Le 14 octobre 2017, à 20h
A la Maison de la Poésie
Passage Molière
157 Rue Saint Martin
75003 Paris