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Électro à la Philharmonie de Paris, des clubs au musée

Qu’est-ce que l’électro ? Vous avez 4h ou plutôt 4 mois à partir de maintenant pour saisir l’essence de cette culture grâce à l’exposition que la Philharmonie de Paris lui dédie en ce moment même.
Et plutôt que de nous en retracer scrupuleusement l’histoire du genre depuis les origines, de nous citer les grandes figures, les grands disques, les dates clés, Electro, de Kraktwerk à Daft Punk surprend avec son parcours non linéaire qui préfère embrasser le mouvement avec une approche plus expérimentale et sensorielle bienvenue. On entre d’ailleurs dans l’exposition comme on mettrait un pied dans un club : murs noirs, simili échafaudage, bande-sonore signée Laurent Garnier et foule des grands soirs représentée par deux impressionnants panorama photographiques d’Andreas Gursky (May Day IV et Union rave) réalisés lors de raves. 

L’ambiance et le décor sont posés ! Pour la suite libre choix au visiteur-clubbeur de se laisser happer par les synthétiseurs, boîtes à rythmes et autres inventions technologiques ou par le studio sorti de l’imagination d’un certain Jean-Michel Jarre, qui nous rappellent la romance entre la machine et l’homme. Si vous tendez un peu l’oreille, vous serez sans doute attiré par le cliquetis du Walking Cube conçu par 1024 architecture ou par une rengaine, par un air de déjà entendu servi par le duo Daft Punk avec l’installation Technologic redux

L’exposition donne d’ailleurs presque plus à voir, sentir, qu’à écouter au sens propre. En 40 ans d’existence, l’électro a dépassé les frontières d’un style musical pour incarner un mouvement social et culturel, un état d’esprit et une esthétique globale. Ainsi la dimension visuelle et créative de l’électro est prédominante ici, par la présence d’oeuvres d’art contemporain (sculptures de Thomas Bangalter et Guy-Manuel de Homem-Christo ou de Giorgio Moroder par Xavier Veilhan, Recycled Records de Christian Marclay), de photographies (Jacob Khrist, Massimo Vitali…), de costumes et masques d’artistes (Jeff Mills, Dengue Dengue), de dispositifs inédits comme le Phonochose de Jacques ou l'hypnotique Core du duo 1024 architecture à qui l’on doit la scénographie maîtrisée de l’événement. Et pas de coup de projecteur sur l’électro sans évoquer son aspect hautement sensoriel, son rapport au corps et à la danse, l’expo ne manque ainsi pas à ses devoirs grâce à des séries de photos qui nous plongent au cœur de dancefloors moites ou des vidéos de performances signées du collectif La Horde ou du chorégraphe Alexandre Roccoli. 

De Berlin, à Chicago en passant par d’autres villes et lieux emblématiques de l’électro (qui bénéficient de focus au sein du parcours), l’exposition relève le défi de faire rentrer le genre au musée, sans le figer, sans lui couper son énergie et sans lui faire baisser le son ! 

À la Philharmonie de Paris
Du 09/04 au 11/08/2019
à la Philharmonie de Paris
221, avenue Jean-Jaurès
75019 Paris


Par Rita Carvalho
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