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Gainsbourg, Bashung, Gallotta, reviennent électriser le Rond-Point en musique et en danse

Le chorégraphe Jean-Claude Gallotta revient au Théâtre du Rond-Point et reprend “L’Homme à tête de chou” avec une nouvelle distribution, dix ans après sa création. Une belle aubaine pour ceux qui ne l’auraient pas vu, l’occasion de le revoir pour les autres.
Jean-Claude Gallotta, c’est et ce sera toujours une énergie juvénile et une gestuelle frétillante, faite de courses, d’accélérations et de ruptures de rythme, de jambes-compas, de cheveux-balais, de bras-pinceaux et de mains-crayons traçant des lignes de signes dans l’espace. Une écriture chorégraphique à l’identité forte et identifiable que l’on aime à retrouver autant que les danseurs piliers de sa compagnie, le groupe Emile Dubois, qui reviennent de pièce en pièce, comme une troupe. Gallotta aime confronter sa danse à des personnages de fiction pure, que ce soit Ulysse, Marco Polo, Nosferatu, Don Quichotte… Il sait voyager à travers des univers sans trahir le sien, ce qui est le gage d’un grand. Avec “L’Homme à tête de chou” c’est dans la fiction gainsbourienne d’un album-concept qu’il se glisse et se fond en un hommage qui n’a rien de mortifère quand bien même la mort y rôde.

Il y a beaucoup d’absents dans ce spectacle. Gainsbourg est parti depuis si longtemps, Bashung cela fait 10 ans maintenant, et Marilou. Marilou, c’est le personnage central de l’album de Gainsbourg “L’Homme à tête de chou”, une petite garce de shampouineuse sexy et vénale qui fait tourner chèvre (ou chou) le narrateur de ce drame noir et torride… jusqu’au crime passionnel. Quant au chorégraphe Jean-Claude Gallotta, il est bien vivant et même en forme olympique et il mène à terme ce projet lesté d’un héritage culte, celui de deux légendes et de tout leur cortège imaginaire, rock’n roll, érotique, morbide.

Sur le plateau nu, une chaise vide incarne en creux leur absence mais aussi la fin annoncée de cette tragédie triviale, la disparition de Marilou “sous la neige”. Enregistrée avec de nouvelles orchestrations et des musiques additionnelles, la voix de Bashung se substitue à celle de Gainsbourg et l’on se dit que lui seul pouvait relever cet exercice périlleux. La texture grave et brute de sa voix, ce fameux parlé-chanté nonchalant et blessé, ce mélange d’arrogance et d’humilité, portent à incandescence la prose poétique de “L’Homme à tête de chou”. Gallotta, nullement écrasé par l’ampleur et l’ambition du projet, réalise un travail chorégraphique sublime. Sur scène, les quatorze danseurs innervent la bande son de leur ballet ininterrompu, de leurs entrées et sorties fulgurantes, de leur hommage simple et sans chichis.  Comme en proie à l’urgence de raconter cette histoire d’amour fatale. C’est peu dire qu’ils donnent corps au drame. Ils le réveillent, le ravivent, sans jamais l’illustrer. Tantôt en groupe, en duos ou trios, les danseurs de Gallotta incarnent le concept album sans se déposséder de l’identité gestuelle du chorégraphe. Rapidité, fébrilité, énergie vive, joueuse et sensuelle. Tout Gallotta est là.

Par Marie Plantin

L’Homme à tête de chou
Jean-Claude Gallotta
Du 17 au 29 septembre 2019, à 18h30
Au Théâtre du Rond-Point
2 Bis Avenue Franklin Roosevelt
75008 Paris
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