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INTERVIEW - Xavier Ehretsmann et Vincent Privat ouvrent Dizonord, disquaire pas comme les autres

Après avoir chacun fait leur chemin dans la musique, Xavier Ehretsmann et Vincent Privat mettent en commun leurs connaissances, leurs compétences, leurs univers, pour ouvrir un nouveau disquaire, Dizonord, dans le XVIIIe arrondissement, au coeur d’une mixité sociale qu’ils comptent bien honorer via un lieu qui revendique son identité à la fois pointue et populaire, ponctué d’événements en tout genre, brassant large, y compris du côté des enfants. Fête d’ouverture dès demain et sur deux jours avec invités à gogo ! Un projet enthousiasmant qui nous a donné envie d’en savoir plus. Rencontre avec ses deux pilotes, deux gars cool et réfléchis, pas péteux pour un sou, portés par leurs envies, le goût du partage, et même, osons le mot, une utopie musicale et sociale. Avis aux puristes, aux amateurs, aux gamins du coin, Dizonord est dans la place, le visage du quartier va en être transformé.

“Tous les goûts sont dans la nature et chez Dizonord”

Quel est votre parcours avant l’aventure de Dizonord ?

Xavier : J’ai commencé dans la vidéo et puis je me suis rapproché de la musique en faisant pas mal de clips en binôme avec un ami. A côté, je faisais le DJ dans des bars et j’en profitais pour vendre des nouveautés directement sur place. Ensuite j’ai créé mon propre label, DDD Records Paris et en parallèle ouvert un disquaire près de République, la Source, plutôt axé sur les musiques électroniques et dance floor.

Vincent : A la base, j’ai fait des études en Histoire de l’Art avec une spécialité sur les arts traditionnels africains. C’est comme ça que je me suis passionné pour la musique africaine. Et comme j’ai toujours aimé les brocantes, j’ai commencé à vendre des disques et à voyager pour en trouver. Petit à petit je me suis ouvert à plein d’autres formes de musiques, exotiques ou pas, des musiques un peu différentes. J’avais un réseau, alors j’ai vendu des vinyles depuis chez moi, de manière confidentielle et sur mesure.

Qu’est-ce qui vous réunit dans ce projet et quelle est votre ambition ?


Xavier : On est assez complémentaires donc on va s’appuyer là-dessus, c’est une chance et une richesse, ça nous ouvre un spectre assez large qui contentera tout le monde et nous permettra de fidéliser les clients en les accompagnant sur l’évolution de leurs goûts. Je vais rester sur ce que je fais en musique dance floor et scène actuelle électro. Vincent est sur des musiques très éclectiques, ethniques au sens très large, ethnographiques même. Notre ambition est de proposer une sélection à la fois très pointue, originale et spécialisée, et à la fois très pop, très accessible. On aime bien avoir un Beyonce à côté d’un disque de folklore breton par exemple. On cherche l’ouverture à tout prix, titiller la curiosité des gens et même nous adresser aux enfants. C’est la base de Dizonord. La musique est au centre certes, mais c’est aussi un prétexte pour brasser, réunir, partager. Sans clivages. C’est pourquoi on est très contents d’être ici, dans le XVIIIe, entre deux mondes, dans un quartier populaire et “boboïsé”. On ne veut laisser personne à la porte.

Comment définiriez-vous l’identité de Dizonord ?

Xavier : Dizonord est avant tout un disquaire, on sera ouvert tous les jours sauf le dimanche. Mais on aura aussi beaucoup d’activités, des sorties de disques bien sûr avec la venue de DJs, ce qui est plutôt classique, et un maximum d’ateliers pour les enfants et pour les grands, du type initiations musicales, graff, histoire de la musique, cours de mix, cours techniques sur l’utilisation des appareils et puis un atelier radio qui donnera lieu à une web radio avec les enfants du quartier, des projections aussi... On veut vraiment que ce soit un lieu de vie pour tous, d’où le café inclus dans la boutique.

Vincent : Oui, Dizonord est un lieu hybride. Il y a à la fois un commerce de musique sur support vinyle essentiellement et une association, Assonord, qu’on a créé avec Xavier et qui gère la partie café ainsi que la programmation culturelle, éducative, événementielle qui fera appel à des intervenants extérieurs. Ce qui est important pour nous c’est d’inclure aussi les gens qui n’achètent pas de disques, qu’ils soient aussi les bienvenus, qu’ils puissent se poser pour boire quelque chose. On veut aller contre cette image du disquaire un peu fermé, pour les puristes.

Comment envisagez-vous le lien avec le quartier justement ?

Vincent : Le XVIIIe a un fort tissu associatif avec lequel on est en contact. On sait qu’on peut compter sur les associations. On va aussi collaborer avec des établissements scolaires, avec des Groupes d’Interventions dans la rue (le GRAJAR). On travaille aussi avec les équipes qui font du lien dans les immeubles Paris Habitat, d’autres acteurs du lien social. On veut s’assimiler logiquement dans le quartier, s’intégrer vraiment. D’ailleurs, le fil conducteur du programme éducatif qu’on envisage de mener via les ateliers, c’est le patrimoine musical du XVIIIe arrondissement.

Pouvez-vous me parler de votre stock ?

Vincent : On va proposer une très grosse offre en musique électronique de seconde main à prix abordable (10€ les 3), des rééditions, des nouveautés de la scène actuelle. On a aussi fait des voyages et achats à l’étranger (Italie, Côte d’Ivoire, Pakistan, Brésil...) et on est très fourni en musique algérienne et aussi en musiques “locales”, très implantées dans le XVIIIe, comme le raï et certaines musiques afro. On aura des raretés, on veut faire un focus sur les genres oubliés, négligés, méconnus. Donc le stock est super large et différent de ce qui se fait dans la majorité des boutiques. Il y en aura pour tous les budgets, avec des disques à partir de 5€. Ce qu’on aime dire c’est “Tous les goûts sont dans la nature et chez Dizonord”. Notre idée est que toutes les cultures se valent et qu’on les défend toutes. On a aussi de la musique classique, de la musique ancienne, de la musique baroque, etc. Et une offre de livres, de périodiques, pointus ou grand public, sur la musique.

Pourquoi ce nom, Dizonord ?

Vincent : Dizonord c’est le disquaire de la zone nord avec un petit clin d’oeil au lapsus enfantin et aux dinosaures. On ouvre d’ailleurs avec un atelier maquillage Dinosaure pour être dans le thème.

Un mot de conclusion sur la fête d’ouverture ?

Xavier : La fête d’ouverture sera à l’image de ce qu’on veut faire ici. Fédératrice on l’espère. On a invité non seulement tout notre réseau, les officiels mais aussi les habitants du quartier. L’événement aura lieu sur deux jours, vendredi et samedi, de midi à 22h et on aura un paquet de guests qui viendront partager leurs univers respectifs : Krikor, Ron Morelli,  Joakim, Feadz, Zaltan, Oko DJ, Cracki Records… Ils sont tous sur notre page Facebook >>


Propos recueillis par Marie Plantin


Fête d’ouverture
Les 8 et 9 février 2019
Dizonord
9 Rue André Messager
75018 Paris