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Kupka, de la figuration à l’abstraction

S’il ne fallait en retenir qu’une ce serait celle-là, Kupka, au Grand Palais actuellement, est l’exposition du moment. D’une ampleur chronologique et d’un foisonnement d’oeuvres exceptionnel, elle rend compte de l’étonnant parcours pictural de ce peintre majeur du XXème siècle.
Il mérite d’être réhabilité. Loué à sa juste valeur. Kupka est en effet un peintre phare du XXème siècle, pionnier de l’abstraction comme l’indique le titre de cette exposition magistrale qui vient siéger au Grand Palais et déployer la palette et les recherches d’un artiste qui toute sa vie aura fait vœu de peindre, dans un cheminement admirable allant de la figuration pure à la quintessence de la forme et de la couleur, là où la peinture se suffit à elle-même dans toute l’étendue de sa gamme émotionnelle et énergétique. C’est donc une traversée que ce parcours qui petit à petit élimine le sujet des toiles et se dépare de la représentation traditionnelle pour adopter en fin de compte la géométrie comme vecteur de formes sans référentiel dans le réel.

Ce qui est passionnant, c’est la traversée, suivre de toile en toile l’itinéraire artistique, mental, intellectuel, spirituel, d’un libre penseur dans le siècle, d’un artiste qui n’a jamais cherché à se fondre dans le moule de ses maîtres ou de ses contemporains, hormis à ses débuts viennois, proches du symbolisme ambiant, dans lequel Kupka trouve un terrain d’expérimentation en phase avec ses réflexions, ses nourritures philosophiques, ses idées ésotériques. Mais toujours, il reste singulier. Son rapport à la couleur, proche du fauvisme à une période donnée, est d’une richesse chatoyante. Kupka expérimente sans cesse. Il teste le dessin satirique en travaillant pour la presse, illustre des ouvrages littéraires et encyclopédiques (comme “L’Homme et la terre” d’Elisée Reclus) qui viennent approfondir ses connaissances et ouvrir de nouveaux horizons de pensée. On aime sa série stylisée des “Gigolettes”, ces femmes du peuple tellement expressives dans leurs attitudes. Les toiles figuratives sont puissantes, quand bien même on sait que Kupka va quitter cette période pour explorer l’abstraction avec une passion irréversible. Mais le plus saisissant, c’est la transition. Cette phase mutante où Kupka organise la toile en plans, troublant la vision objective, pour mieux créer une sensation de dédoublement, comme si une seconde toile surgissait par surimpression de sous le tableau. “Les Touches de piano, Le lac”, avec son double titre, en est l’exemple le plus parlant. Les touches de l’instrument semblent se diluer littéralement dans l’eau du lac, la barque, les personnages, le saule-pleureur et la végétation perdent leurs contours certains pour s’exhiber en touches de couleurs contrastées. Kupka bouscule la vision, la trouble, l’enrichit d’une dimension nouvelle, métaphysique. Ces toiles intitulées “Printemps cosmique” sont une apothéose, abstraites déjà mais organiques et végétales encore, on est sous le choc de leur intensité.

Par Marie Plantin

Kupka
Pionnier de l’abstraction
Du 21 mars au 30 juillet 2018
Au Grand Palais
Entrée Square Jean Perrin
Avenue des Champs-Elysées
75008 Paris
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