Actualités
lundi 18 novembre 2019
Le Désenchantement contemporain vu par Jean-René Lemoine
 
Actualités
lundi 18 novembre 2019
La production figurative de Mondrian est à découvrir au Musée Marmottan
 
Actualités
vendredi 15 novembre 2019
Le cœur palpitant d’Estelle Meyer chante sa rage de vivre en un rituel musical régénérant
 
base

La gouaille et la vie d’Arletty sur scène dans un spectacle magistralement mis en scène par Johanna Boyé

Après deux étés d’affilée couronnés de succès au Festival d’Avignon, “Est-ce que j’ai une gueule d’Arletty ?” arrive en région parisienne pour propager ses bonnes ondes. Ce spectacle est un bijou à tous les niveaux.
 “Est-ce que j’ai une gueule d’Arletty ?” est un spectacle magique et enchanteur qui évite l’écueil du biopic classique sur des rails et se déploie en un cabaret tourbillonnant, sans temps mort, mené par Arletty en personne, gouailleuse et impulsive, farouchement libre et sans filtre, talentueuse à se damner, fonçant comme s’il y allait de sa vie dans une existence où l’ennui est maudit. Une Arletty plus vraie que nature interprétée par Elodie Menant, à l’origine du projet, impressionnante et pétillante à souhait. Elle s’empare du personnage avec brio et l’on s’incline avec admiration devant une telle prestation au cordeau, flamboyante et maîtrisée jusqu’au bout des ongles. Ses acolytes scéniques ne déméritent pas, ils gravitent autour d’Arletty la passionnée sans prendre ombrage de sa lumière, passant d’un personnage à un autre en un tour de passe-passe remarquable, changeant de rôle comme de costume dans un caméléonisme saisissant : Céline Esperin, Marc Pistolesi et Cédric Revollon, tous les trois donnent le change et la réplique à la star, partenaires solides et radieux.

Quant à la mise en scène, Johanna Boyé réalise ici pas moins que de la haute voltige. La vie d’Arletty défile tambour battant et les époques se succèdent sur un rythme cadencé à merveille, nous plongeant dans la frénésie parisienne de la Belle Epoque, le retentissement de la première guerre mondiale, la fièvre libertaire des Années Folles, l’Occupation… C’est le XXème siècle qui défile sous nos yeux, plein d’étoiles et d’ombres, de troubles et d’émois. L’enfance, le premier amour, les petits boulots, le music hall, le cinéma, le théâtre et les amours à la chaîne, l’ambiguïté de l’actrice dans la France occupée, la cécité au bout du chemin… On croise Jacques Prévert, Marcel Carné, Michel Simon et Michèle Morgan, Colette aussi et c’est toute la faune artistique, auteurs, réalisateurs, acteurs et actrices, stars au firmament de l’Art de cette période fascinante qui rejaillissent devant nous comme une photo en noir et blanc qui tout à coup prendrait corps, couleurs et mouvements.

Saluons également le tact de ce texte réjouissant écrit à quatre mains par Elodie Menant elle-même en collaboration avec Eric Bu ainsi que l’ingéniosité et la beauté des costumes conçus par Marion Rebmann. Tout, dans ce spectacle, est pure délectation. Une réussite totale on vous dit !

Par Marie Plantin

Est-ce que j’ai une gueule d’Arletty ?

Le 15 octobre au Prisme (Elancourt)
Le 18 octobre au Théâtre des Bergeries (Noisy-le-Sec)
Le 8 novembre au Carré Belle-Feuille (Boulogne-Billancourt)
Le 17 novembre au Théâtre Pierre Fresnay (Ermont)
Le 22 novembre au SEL (Sèvres)
Le 13 décembre à la Grande Scène (Le Chesnay)
Réserver cet évènement