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La SCALA, (re)naissance d’un théâtre

On y est ! Demain, la très attendue SCALA ouvrira ses portes au public avec une création spécialement conçue pour l’occasion par le circassien Yoann Bourgeois, intitulée “Scala”, du nom de l’écrin qui l’accueille.
C’est avec l’artiste Yoann Bourgeois que la SCALA donne le coup d’envoi de sa saison et affirme une programmation placée sous le signe de l’éclectisme et de la qualité, portée par des personnalités fortes et engageantes, appartenant à diverses facettes du spectacle vivant (cirque, danse, performance, théâtre et musique), mixant exigence et ouverture, et par dessus-tout mue par une envie de toucher le grand public et par là même de renouer avec l’histoire du lieu faite de mutations et rebondissements, mais toujours placée sous le signe du divertissement populaire. Car oui, avant de devenir l’établissement qui s’apprête à voir le jour, multiculturel, polyvalent, connecté aux arts vivants et aux arts plastiques les plus contemporains, la Scala fut un célèbre café-concert au tournant du XIXème et du XXème siècle où se succédaient revues et tours de chant. Fréhel et Yvette Guilbert y enchantèrent leur auditoire parmi d’autres chanteuses gouailleuses de l’époque. Puis la salle fut transformée en cinéma Art Déco à la mode avant de se reconvertir en cinéma exclusivement pornographique.

Un pedigree à la fois arty et olé olé, dans un quartier central de la capitale, grouillant de théâtres (le théâtre Antoine et le Comedia sont à deux pas, la Porte Saint-Martin, la Renaissance et le Splendid dans le même périmètre) et de cinémas (l’Archipel et le Brady sont sur le même trottoir à quelques numéros de là), qui a su séduire le couple Frédéric et Mélanie Biessy, experts en production et férus d’art, flairant là le projet de leur vie, une résurrection à opérer, un écrin sans pareil propice à la réalisation de leurs rêves, la possibilité de créer en plein Paris une maison ouverte aux artistes et au public, un lieu d’art et de vie, qu’ils ont augmenté d’un restaurant par dessus le marché. Ils ont fait appel au scénographe Richard Peduzzi, célèbre pour ses collaborations fructueuses voire mythiques avec Patrice Chéreau, pour réinventer l’architecture intérieure du théâtre, son mobilier et ses luminaires. De son imaginaire et de son savoir-faire hors du commun est née une salle toute de bleu vêtue, entièrement modulable grâce à un gradin mobile et sécable, permettant différentes configurations de représentation. Le gradin principal se complète de deux balcons et de plusieurs coursives latérales. La salle est dotée également d’une acoustique nouvelle génération, la hissant au niveau des salles les plus high tech, en phase avec les progrès technologiques du XXIème siècle autant qu’avec les besoins des artistes.

Quant à la programmation, elle s’annonce extrêmement alléchante compte tenu de ce que cette première saison propose. Yoann Bourgeois pour ouvrir les festivités donc, qui a conçu son spectacle comme une création in situ égard au synchronisme parfait entre la conception du lieu et celle du spectacle, opérant un parallèle a priori fascinant (on jugera sur pièce) entre le lieu du spectacle et le spectacle du lieu. Vertige assuré. Viendront par la suite Thomas Jolly et sa mise en scène d’”Arlequin poli par l’amour” de Marivaux, Yasmina Reza avec “Dans la luge d’Arthur Schopenhauer”, une reprise du très réussi spectacle de Frédéric Bélier Garcia accueilli à sa création à Théâtre Ouvert, et côté danse la chorégraphe Michèle Anne de Mey et sa trilogie (“Kiss and Cry”, “Cold Blood” et “Amor”). Sans compter les concerts présents tout au long de l’année, privilégiant la musique contemporaine. Des soirées seront également consacrées à des lectures-concerts en compagnie de comédiennes triées sur le volet (Dominique Reymond, Emmanuelle Devos, Nathalie Baye, Carole Bouquet, Bulle Ogier...). D’où que l’on regarde, la programmation est belle et prometteuse, y compris du côté des arts visuels où la crème de la crème est invitée à investir le lieu, plasticiens ou vidéastes. C’est ainsi qu’Annette Messager et Stéphane Thidet sont attendus chacun leur tour pour revisiter à leur sauce un fauteuil de la grande salle, le transformer à leur guise en objet de curiosité. Un joli concept intitulé “Fauteuils d’artistes” engendrant des créations originales (trois par an) présentées chaque soir en lever de rideau. Quant aux artistes-vidéastes, le très en vogue Clément Cogitore sera de la partie et présentera un portrait singulier projeté en continu dans le foyer du théâtre tandis qu’une installation-vidéo signée Laurent Derobert trouvera sa place dans le hall.

L’idée importante, pour Frédéric et Mélanie Biessy, c’est que l’acte performatif advienne et enveloppe dès le passage des portes du théâtre, que la SCALA soit un havre artistique, un lieu de temps suspendu, l’entrée dans un rêve. On a hâte d’aller rêver...

Par Marie Plantin

La SCALA
Ouverture le 11 septembre 2018
13 Boulevard de Strasbourg
75010 Paris
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