Actualités
jeudi 22 août 2019
Une Petite Ceinture en fête le samedi 31 août
 
Actualités
mercredi 21 août 2019
Marcus Miller, Yasiin Bey et Lee Fields pour la 18ème édition de Jazz à la Villette
 
Actualités
mercredi 21 août 2019
Le vélo dans tous ses états à Sans Les Mains festival
 
base

Le Bistrot Valois, cuisine traditionnelle dans un écrin de rêve au cœur du patrimoine parisien

Cuisine française traditionnelle dans un cadre élégant, le Bistrot Valois est un havre agréable où il fait bon se restaurer au contact du patrimoine historique parisien.
La première chose qui frappe quand on met le pied sur la place de Valois c’est son calme, sa minéralité sobre et élégante, la ligne claire de ses façades délimitant un cadre protégé, comme un îlot discret dans la grande ville, l’impression d’entrer en territoire privilégié, au cœur historique de la capitale, en retrait de la circulation automobile et de la frénésie joyeuse de la place du Palais Royal avec ses skateurs fanfaronnant et ses touristes pressés. La deuxième chose que l’on remarque sur cette place joliment pavée et piétonne, c’est la chatoyante devanture végétale du Bistrot Valois dont les stores rayés évoquent les colonnes de Buren situées à deux pas. Les jardins du Palais Royal sont en effet dans le même périmètre, bordés par la Comédie-Française et le Ministère de la Culture siège également dans le quartier. L’ambiance est donc classieuse et historique et le Bistrot Valois s’en fait le reflet sans démériter sur les deux plans, esthétique et gastronomique. Situé en lieu et place des anciennes écuries du Prince Louis-Philippe (Duc de Valois) et de la famille d’Orléans, le restaurant a gardé intactes ses larges et solides voûtes à l’entrée et la décoration d’intérieur mise sur le passé avec tact, inscrivant l’établissement dans son héritage tout en offrant tout le confort moderne. Bar en zinc, carrelage d’époque, pierres apparentes, tableaux anciens, illustrations humoristiques et florilège de photographies au mur, viennent rappeler le passé tandis que les deux terrasses (chauffées l’hiver et rehaussées de stores pour une atmosphère cocooning) offrent leur ambiance saisonnière accueillante : végétalisation murale et bouquets de fleurs fraîches en période estivale, plaids et peaux de mouton dans un esprit trappeur en période hivernale. A noter que les deux terrasses principales sont complétées par un nouveau petit havre, le “carré relax”, à l’écart pour plus de calme. Intimiste, il accueille sur ses chaises et canapés jusqu’à 12 personnes maximum. L’esprit y est à la tranquillité et l’on peut non seulement y boire un verre mais également y déguster planches de charcuterie et/ou de fromages, assiette de foie gras, terrine du chef, saumon fumé ou tout autre plat à la carte. 

La carte, parlons-en ! Car après tout, n’est-ce pas là l’essentiel ? Quand bien même nous ne sommes pas insensible au contexte, séduisant au possible, et à la déco bien sentie. La carte change deux fois par an, l’été et l’hiver, et propose des plats à partir de produits frais et saisonniers. En été, les salades ont la côte, copieuses et généreuses, les tartares de bœuf et gambas sont de la partie. La fraîcheur est garantie car l’ardoise du jour se cale sur les arrivages du marché. L’hiver, on se régale d’une cuisine de terroir, à base de plats en sauce : le traditionnel bœuf bourguignon, le petit salé aux lentilles ou le boudin noir aux pommes. Classique mais incontournable. Ici ce n’est pas l’originalité des harmonies de saveurs qui compte mais une cuisine française responsable où le bon produit est roi. Quant aux prix, ils sont honnêtes à n’en pas douter compte tenu du service et de la qualité dans l’assiette. Il faut compter pour les suggestions du jour autour de 8€ pour une entrée, une moyenne de 22€ pour le plat principal et autour de 7€ pour un dessert. Il n’y a pas de formule mais l’addition pour un menu complet, entrée+plat+dessert, s’élève entre 35 et 40€. Côté vins, on doit la sélection au patron Laurent Chainel qui nourrit des liens particuliers avec chaque vigneron qu’il référence au coup de cœur et en connaissance de cause, passionné et expérimenté. Il a même créé sa propre cuvée, la Cuvée Valois, un Cahors de caractère qui lui ressemble.

En un mot, le Bistrot Valois est une réussite que nous avons pu goûter dès l’entrée avec une brick de thon au citron absolument sublime. Légère et craquante, la brick enrobe une belle part de thon mi-cuit. Le tout croustille et fond sous la langue, accompagné d’une farandole de vermicelles de légumes crus merveilleusement citronnés. On en salive encore. Le plat de résistance ne déçoit pas, le filet de bar aux pleurotes et légumes croquants nous a titillé le palais et grand bien nous en a pris de le choisir. Cuisson nickel, peau délicatement grillée, le poisson nous ravit tandis que les champignons en sauce, fondants à souhait, ont remporté le morceau à côté de l’assortiment de légumes légèrement craquants sous la dent. Le clafoutis aux fruits rouges a couronné ce repas sous le signe du soleil et du régal, généreux en fruits disposés en couche épaisse sur la pâte imprégnée de leur jus naturel. La légère acidité du fruit compensée par le sucré du flan, assez cuit mais pas sec pour autant nous rappelle qu’en cuisine, c’est le corps à corps des textures et des saveurs qui fait l’identité de chaque plat. Accord ou dissonance gustative pour un festival en bouche qui vient nous réveiller ou nous attendrir.

Saluons le chef Sébastien Lescent en cuisine pour son savoir-faire aguerri côté salé et côté sucré et le maître restaurateur Laurent Chainel qui a su optimiser son cadre tout en conservant son authenticité et faire de ce Bistrot Valois une référence parisienne pour un déjeuner en tête-à-tête le midi, un dîner entre amis, un rendez-vous professionnel. On y est si bien que l’on quitte presque à regret sa chaise et la place de Valois récemment habillée d’une sculpture en bronze de l’artiste sénégalais Ousmane Sow (décédé en 2016). Inauguré à l’orée du printemps de cette année par la Maire de Paris, ce “Couple de lutteurs corps-à-corps”, muscles saillants, s’enlaçant dans la douleur, crée un hiatus intéressant entre passé et modernité sur cette place intemporelle.

Par Marie Plantin

Bistrot Valois
1 Bis, Place de Valois
75001 Paris
01 42 61 35 04