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Le Musée Yves Saint Laurent revient sur l’inspiration asiatique du créateur

Pour sa première exposition temporaire, le Musée Yves Saint Laurent, situé au 5 de l’avenue Marceau, dans l’ancienne maison de couture du créateur, met en lumière l’inspiration asiatique d’Yves Saint Laurent, récurrente dans ses collections. Un voyage somptueux dans l’Orient imaginaire d’un artiste épris de beauté.
Ouvert il y a exactement un an, en lieu et place de l’ancienne maison de couture du créateur, le musée privilégiait jusqu’à présent le parcours muséographique permanent, retraçant les grandes étapes de la carrière d’Yves Saint Laurent. Avec “L’Asie rêvée d’Yves Saint Laurent”, le musée inaugure sa première exposition temporaire et choisit de faire le point sur l’inspiration orientale qui parcourt l’oeuvre du créateur, peu voyageur mais épris d’art et de littérature, trouvant dans la lecture et la collection d’objets et d’œuvres d’art (en commun avec Pierre Bergé) un formidable terreau d’influences irradiant son émulation créatrice. Ainsi, le musée ne se contente pas d’exposer manteaux, robes et autres tenues somptueuses issues des collections orientales du créateur mais soumet au visiteur une constellation d’œuvres émanant du processus créatif ou en résonance avec. L’occasion de se repaître de nombreux dessins d’Yves Saint Laurent, dénotant sa maîtrise absolue, et du coup de crayon, et des coupes vestimentaires qu’il faisait naître de sa main alerte. A travers ce corpus de silhouettes dessinées et colorées, c’est tout le génie visionnaire de cet obsessionnel de la mode que l’on peut goûter. Harmonie des volumes, évidence des matières, élégance des formes, souci du détail, perfection des imprimés, l’ensemble de ses dessins est une garde-robe rêvée, le fantasme du raffinement permanent, d’un Orient de cinéma, porteur de cultures séculaires fascinantes. Quant aux objets exposés en regard ou projetés sur des écrans disposés en avant-scène, en provenance des collections du Musée Guimet (voisin) et de collections privées (vases peints, jades archaïques, boîtes en laque…), ils accompagnent à merveille le déroulé de cette exposition fantasmagorique où les réalisations Haute-Couture côtoient leurs sources d’inspiration.

Le parcours est géographique, il fait passer le visiteur d’un continent à l’autre, dans des salles obscures, à l’éclairage tamisé, pour la bonne conservation des modèles. On commence par la Chine impériale à travers des pièces de la collection Automne-Hiver 1977. Chapeaux coniques, larges manteaux, amplitude des manches, ornements en tous genres, chaque pièce est une splendeur. On continue au même niveau avec la Chine florale et ses motifs végétaux, ses papillons, ses dragons venant tapisser ou parsemer robes, jupes-culottes, gilet sans manches. A l’étage, on découvre, émerveillé, la salle consacrée à l’inspiration indienne. Turbans, mousselines, robes drapées près du corps à l’image du sari, tenue traditionnelle de l’Inde du Sud, réinterprétation de la garde-robe princière, on se croirait dans un palais des mille et une nuits. On fait un crochet par l’atelier du créateur, laissé dans son jus, et c’est si émouvant de s’y mouvoir. En redescendant, on n’oublie par l’espace dédié à la fabrication du Parfum Opium qui nous partage tout le cheminement de création, depuis l’élaboration du flacon jusqu’à la conception du dossier de presse, intégralement écrit par Yves Saint Laurent lui-même, en passant par le choix des essences pour créer la fragrance, aux accents capiteux et épicés, inspirée par l’Opium littéraire de Baudelaire plus que par l’Opium des bas-fonds. Enfin, l’exposition se clôt sur le Japon où Saint Laurent s’était rendu dès 1963 et sa transposition personnelle du vêtement traditionnel japonais qu’est le Kimono.

On sort alors de l’atmosphère chaleureuse et pénétrante des lieux pour retrouver l’avenue Marceau, le gris du bitume et le bruit des voitures, la tête encore un peu ailleurs, des couleurs chatoyantes plein les yeux. Et on se dit que le sublime aide à vivre. 


Par Marie Plantin

L’Asie rêvée d’Yves Saint-Laurent
Du 2 octobre 2018 au 27 janvier 2019
Au Musée Yves Saint Laurent Paris
5 Avenue Marceau
75016 Paris
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