Actualités
vendredi 22 septembre 2017
Ecouter Ovide en famille dans la cale d'une péniche
 
Actualités
jeudi 21 septembre 2017
Trois jours de fête gastronomique au Food Temple
 
Actualités
jeudi 21 septembre 2017
Migration et hospitalité à l’honneur du festival Welcome ! au Musée de l’immigration
 
Actualites

Le projet artistique d'Eric Baudelaire post 13 novembre 2015 est à Beaubourg

Treize jours pour réfléchir l’après 13 novembre 2015 au Centre Pompidou grâce au projet hors norme d’Eric Baudelaire qui conçoit une exposition atypique, ponctuée de rencontres sur le sujet, abordé sous divers angles. Salutaire et ambitieux.
Qu’est-ce que l’art sinon un moyen de réfléchir le monde en dépassant nos limites intellectuelles, de faire bouger les lignes, les cadres, les habitudes, de pensée, de perception ? Eric Baudelaire, après des études en Sciences Politiques, a choisi la voie artistique pour ouvrir sa pensée critique sur l’époque dans laquelle nous vivons. En usant de divers matériaux (film, photographie, installation, performance, texte…), il questionne, ne raisonne pas mais créé des résonances entre le réel et la conception de l’œuvre. Avec "Après", son projet exposé actuellement dans la Galerie 3 de Beaubourg, il croise exposition et échanges quotidiens autour des grandes interrogations que soulèvent les attentats de novembre 2015.

Ce qu’en dit Eric Baudelaire : « Après les attentats du 13 novembre 2015 à Paris et Saint-Denis, j’ai ressenti l’urgence de chercher une forme et un contexte pour penser ce qui était en train de se dérouler. Le premier ministre avait déclaré : « il ne peut y avoir aucune explication qui vaille. Car expliquer, c’est déjà vouloir un peu excuser. » Le philosophe Alain Badiou avait répondu : « La déclaration de l’impensable c’est toujours une défaite de la pensée, et la défaite de la pensée c’est toujours la victoire précisément des comportements irrationnels, et criminels. »
Il y a, il y a toujours eu urgence à interroger l’embrasement des violences et des contre-violences. Mais interroger les violences, ce n’est pas les expliquer, c’est nous interroger nous-mêmes face à elles. APRÈS est un projet sur le temps présent. Un temps ressenti comme un enchevêtrement constant d’après : après l’événement, après la catastrophe, après le bouleversement des certitudes.
»

Au cœur de l’exposition, son épicentre, il y a un film, "Also known as Jihadi", réalisé très récemment, qui suit le parcours d’un jeune français qui décide de partir en Syrie. Expérimental dans son dispositif plutôt que narratif et psychologique, le film superpose les environnements traversés par le jeune homme, depuis la clinique qui l’a vu naître jusqu’à la route d’Alep où il rejoint le Front Al-Nosra en 2012, avec des extraits de son dossier judiciaire. Les textes ici ne sont pas paroles mais traités sur le mode d’une image puisque donnés à lire au spectateur. Une écriture faite image donc qui vient interagir avec les plans de paysage pour créer un nouvel espace, riche de la mise en parallèle et en perspective de ces données qui forment un parcours, un vécu. Pas d’explication ni de théorie à démontrer mais bien un questionnement du contexte, de l’enchaînement des choix et des actes. Le film est projeté tous les jours à 11h, 13h, 15h et 17h. En écho, une sélection éclectique d’œuvres signées par des artistes contemporains ou pas, vient résonner, rayonner, avec le film. Brancusi, Godard, Beuys, Rosemarie Trockel, Andrei Monastyrsky, Jo Ractliffe, Lawrence Abu Hamdan… Dessins, photographies, vidéos, maquettes, dialoguent les uns avec les autres en une interaction ouverte, polysémique, pleine d’horizons.

Et puis, chaque jour à 19h, une question, des invités (architectes, militants associatifs, enseignants et élèves, artistes, magistrats, philosophes, historiens), et le public invité à participer. L’idée est de prendre le temps de reformuler les questions d’actualité, les enjeux contemporains et remettre les débats sur la table.

Par Marie Plantin

Après
Du 6 au 18 septembre 2017
Au Centre Georges Pompidou
Place Georges-Pompidou
75004 Paris