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Les splendeurs italiennes de la collection Alana se dévoilent au Musée Jacquemart André

C’est une traversée de plusieurs siècles d’art italien que cette exposition luxuriante qui révèle les merveilles de la collection d’un couple féru d’Histoire de l’Art en général et de la Renaissance italienne en particulier, Alvaro Saieh et Ana Guzman. Le Musée Jacquemart André s’en fait l’écrin intime et idéal, lui-même fruit d’un couple de collectionneurs passionnés, Nélie Jacquemart et Edouard André.
La première salle qui ouvre cette exposition est un pur émerveillement pour qui a le goût des  dorures inimitables des primitifs italiens et des scènes d’inspiration religieuse. On ne sait où donner de la tête tant chaque tableau qui s’y tient recèle un équilibre parfait dans sa composition et l’harmonie de sa palette, sans compter la multitude de détails fascinants si l’on s’y attarde de près. L’accrochage y rompt avec l’habituelle sobriété de la présentation muséale pour reproduire le foisonnement d’oeuvres tels que disposées dans le salon des collectionneurs Alvaro Saieh et Ana Guzman dont la contraction des deux noms donne son titre à la collection : Alana. Délectez-vous, c’est la première fois que ces chefs-d’oeuvre habituellement conservés dans un cadre privé aux Etats-Unis sont ainsi exposés au grand public.

Après la scénographie à touche-touche de cette entrée saisissante dans l’exposition, la visite se poursuit sur un modèle plus académique, chronologique d’une part et moins chargé dans l’accrochage d’autre part. Mais les tableaux restent d’une beauté époustouflante et nous plongent au coeur de l’art italien des XIVème et XVème siècles, égrénant ses Vierges à l’enfant en majesté, crucifixion, nativité et autres saints et scènes de la vie du Christ, sujet pictural principal à l’époque. La salle suivante aborde la Renaissance florentine qui fut d’une exceptionnelle richesse et portée artistique avec une Annonciation de Lorenzo Monaco qui est le clou de l’exposition et dont le détail de l’ange, ailes déployées et déployant leur arc-en-ciel de couleurs flamboyantes, constitue à juste titre le visuel de l’affiche. On s’incline devant une oeuvre d’un tel rayonnement réalisée à la tempera et or sur bois. Les tableaux qui la côtoient n’en prennent pas ombrage tant chacun exhale une maîtrise impressionnante, une petite Vierge à l’enfant signée Paolo Uccello plus connu pour ses scènes de bataille en extérieur, un impressionnant panneau en format cinémascope de Lo Scheggia représentant l’Histoire de Coriolan, chef militaire romain, et dont la minutie et le sens du détail force l’admiration. Au-delà de la ferveur religieuse qui s’exprime dans ces tableaux, c’est une exaltation de la beauté via couleurs et compositions dont chaque peinture se fait l’écho. Les scènes de Christ en croix sont de véritables leçons de peinture, magnifiant l’usage de la symétrie comme point d’orgue de l’équilibre de la toile. Quant aux Vierges à l’enfant qui peuplent l’exposition, chacune est une évocation de la maternité, certes divinisée mais réduite à sa quintessence, un enfant dans les bras prévenants d’une mère au regard grave. Alvaro Saieh le résume parfaitement dans cette citation : “La simplicité sophistiquée de l’art de ces périodes ne cesse de m’enchanter et de me surprendre, justement par sa capacité à véhiculer, dans un langage très pur et symbolique, des contenus humains, éthiques et religieux”. On voyage aussi dans la grande peinture vénitienne au gré de toiles remarquables de maîtres comme le Tintoret et l’on fait escale à la cour des Médicis avec des portraits somptueux signés Pontormo ou Bronzino, fine fleur en la matière, avant de conclure dans un tout autre style, baroque cette fois, avec des toiles de Gentileschi, Manfredi ou Vasari revisitant le réalisme dans la lignée de la révolution “caravagesque”, privilégiant le mouvement d’ensemble plutôt que le statisme des compositions en vogue au siècle précédent.

La présentation de la collection Alana par le Musée Jacquemart André est une véritable traversée en territoire artistique italien depuis le XIIème siècle jusqu’à l’orée du XVIIème, une déambulation qui offre au visiteur des oeuvres exceptionnelles jusque-là jamais montrées, un panorama de l’effervescence picturale de cette période ainsi que de ses mutations stylistiques.

Par Marie Plantin


La Collection Alana
Chefs-d’oeuvre de la peinture italienne
Du 13 septembre 2019 au 20 janvier 2020
Au Musée Jacquemart André
158 Boulevard Haussmann
75008 Paris
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