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Lo Spazio : Naissance d’une galerie dédiée à la photographie et plus encore

Si Paris regorge de galeries d’art, la naissance d’un nouvel espace dédié à la culture sous quelque forme qu’elle soit est toujours en soi une réjouissance. Alors souhaitons la bienvenue à Lo Spazio qui a ouvert ses portes le mois dernier et saluons ce projet enthousiasmant qui prend forme grâce à Leonora Lotti et Sara Barcaroli, jeunes codirectrices du lieu.
Elles s’appellent Leonora Lotti et Sara Barcaroli. Elles sont italiennes. L’une vient de Rimini, l’autre de Rome. Mais c’est à Paris qu’elles se sont rencontrées. Leonora Lotti a un profil de touche-à-tout, tant que l’artistique n’est pas loin. Si elle a déjà travaillé dans la photographie aux Editions Contrejour avec le photographe Claude Nori, c’est du côté du spectacle vivant qu’elle a parfait ses armes, auprès de la metteur en scène Mirabelle Rousseau, fondatrice du T.O.C (Théâtre Obsessionnel Compulsif), de Clyde Chabot, à la tête de la Communauté Inavouable, du groupe de musique Guappecarto et de Fabio Marra du Carrozzone Teatro ainsi qu’à la Générale (Coopérative Artistique, Politique et Sociale située avenue Parmentier) avec Rozenn Biardeau, en tant que responsable de diffusion et de production. Mais Leonora ne se contente pas de s’associer à des compagnies pratiquant de nouvelles théâtralités ancrées dans l’air du temps, elle se passionne également pour les arts plastiques et s'investit dans le cadre de la Galerie Espèces d’Espaces, lieu atypique et hybride comme Paris les aime, mi-galerie, mi-salon de coiffure. Quant à Sara Barcaroli, son profil est plus identifiable puisqu’elle pratique la photographie en professionnelle, associant projets personnels (portraits essentiellement, compositions minérales, détails de paysage) et commandes (notamment dans la mode). Regard et sensibilité aiguisée, Sara Barcaroli n’en est que plus curieuse et ouverte au travail de ses confrères et consœurs.

Il semble donc assez naturel que ces deux italiennes férues d’art, investies dans la vie culturelle parisienne, pleine d’envies et le carnet d’adresses bien rempli aient choisi d’associer leur savoir-faire dans la concrétisation d’un espace d’exposition dédié à la photographie italienne et européenne contemporaine, à l’image dans toutes ses formes (photographie argentique, numérique, vidéo, cinéma et nouveaux médias) qui soit aussi une plaque-tournante de rencontres et d’accueil ouverte à d’autres disciplines artistiques. Concerts, lectures, performances, présentations de livres, sont attendus, programmés en regard de chaque exposition, dans un lien d’écho, de résonance, avec le travail de l’artiste présenté à ce moment-là. Le renouvellement des accrochages est prévu tous les deux mois.

Le lieu est pensé comme un laboratoire, un espace – "spazio" en italien – dans toutes les acceptions du terme, espace-monde qui s’interroge sur la mémoire, les origines et la notion de territoire, espace imaginaire qui relaie la vision d’artistes aux univers singuliers, espace physique en tant que lieu concret de visibilité, d’échanges et de rencontres entre artistes et avec le public. En cela, le logo de la galerie, confié au graphiste Bertrand Sallé, en noir sur fond blanc comme une ombre chinoise, représentant un homme debout la tête dans le cosmos, est l’illustration parfaite du rêve qu’est Lo Spazio. N’est-ce pas là la dimension universelle de toute image ? Faire entrer le monde dans un cadre, par le prisme d’un regard unique ? Une ambition rassembleuse et propice à l’émulation de tout un chacun.

Ici, chaque exposition répondra à une thématique en quelque sorte, un motif général. Actuellement, y est exposé le travail de Valentina Vannicola, une série photographique de toute beauté qui prend pour point de départ le livre italien par excellence, "La Divine Comédie" de Dante, en particulier "L’Enfer", et inscrit ses clichés dans le paysage d’origine de la photographe, en l’occurrence son village natal, Tofla. Chaque image répond à un souci précis de mise en scène, prend pour modèle des villageois du coin et déroule les punitions infernales en corrélation avec chaque pêché (luxure, gourmandise, indolence, hérétiques, adulateurs, suicidés…) en des tableaux troublants qui viennent imprimer la rétine de leur étrangeté, de leurs tonalités froides et mâtes, de leur caractère éminemment théâtral. Les tirages sont splendides et l’ensemble dénote tout autant une maîtrise remarquable qu’un imaginaire fort. Valentina Vannicola est exposée jusqu’à début décembre. Quant au prochain accrochage, on sait déjà qu’il sera sur le thème des migrations, autour de la photographe Cecilia Garroni Parisi.

Ne reste qu’à souhaiter longue et belle vie à Lo Spazio, forza à ses deux directrices et au public d’être au rendez-vous !

Par Marie Plantin

Exposition "L’Enfer de Dante" de Valentina Vannicola
Du 13 octobre au 3 décembre 2017
Lo Spazio
52 Rue Trousseau
75011 Paris
Ouverture le samedi de 12 h à 19h