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Mali Twist, la rétrospective à ne pas manquer, sur le photographe Malick Sidibé

La Fondation Cartier propose en ce moment au public de découvrir le travail du photographe malien, Malick Sidibé, surnommé l’œil de Bamako. Avec la rétrospective Mali Twist, plongez dans son œuvre ainsi que dans le Mali des années 60 et 70. 
Portraitiste et reporter malien, Malick Sidibé a, de son studio ou lors de ses virées aux côtés de la jeunesse, donné dans les années 60 et 70 notamment, quelques unes de ses plus belles images au Mali et à sa capitale. Celui que l’on a nommé l’œil de Bamako portait en effet un regard particulier sur la ville et l’ensemble du pays. Témoin précieux et toujours en alerte, Sidibé ne manque pas de documenter les mutations du Mali post-indépendance. La Fondation Cartier lui consacre actuellement une rétrospective, Mali Twist, riche de 250 œuvres qui raconte autant une page de l’histoire du pays que le parcours du photographe.

Ils ont fait la réputation du photographe hors des frontières du pays et l’exposition ne manque pas de dédier une bonne partie de ses espaces aux fameux reportages effectués au sein des soirées bamakoises ainsi qu’aux portraits réalisés dans son studio. Très proche de la jeunesse de Bamako, Sidibé la suit à partir des années 60 dans ses virées nocturnes à travers les clubs de la capitale. Il photographie alors une génération qui se libère progressivement des interdits imposés par la société : des couples qui se rapprochent le temps d’un twist ou d’un rock, des jeunes gens aux tenues sixties et seventies savamment travaillées, des fans de James Brown qui posent avec des pochettes de disque et un naturel assez déconcertant. Ces photos sont le miroir d’une jeunesse pleine d’assurance, insouciante et en pleine émancipation alors que le Mali vient tout juste d’acquérir son indépendance. Le pays comme cette génération écrivent un nouveau chapitre de leur existence. Pour les jeunes, la quête d’identité se vit sur le terrain des "suprises-parties" dont ils reprennent le nom pour former leurs propres bandes. Ainsi croise-t-on les "Chaussettes noires", les "Happy boys", les "Soul lovers" ou les "Ambassadeurs". La Fondation Cartier expose en plus des photos grands formats connues de Sidibé comme Nuit de Noël ou Fans de James Brown, les "chemises" dans lesquelles le photographe classait groupe par groupe les nombreux clichés effectués lors de ces virées.

Cet art de mettre en valeur la personnalité de tout à chacun, Malick Sidibé le développera également au sein de son studio, qui ouvre ses portes dans la capitale en 1960. Plusieurs années durant, l’homme ne se lassera pas de prendre en photo le tout-Bamako comme les classes plus populaires afin de révéler la singularité de quiconque franchit le seuil de sa porte. La Fondation Cartier réunit ici plusieurs dizaines de photos, toutes uniques et rares et expose l’art du portrait selon Sidibé. Quelques accessoires avec parfois un drap tendu en guise de décor, une mobylette ou alors rien d’autre qu’un simple cadrage, le photographe maîtrise remarquablement l’art de la mise en scène et réalise ainsi des portraits sur-mesure, tout simplement extraordinaires et mémorables. On croise alors un jeune homme à la casquette et au sourire mutin, une famille à moto, des amis en tenues de boxe, des ados apprêtés, des enfants déguisés ou un homme aux airs de mercenaire échappé d’un western… Les portraits se suivent, mais pas un d’entre eux ne ressemble à son voisin !

Cette grande rétrospective, qui succède à la première exposition que la Fondation Cartier avait consacré au photographe en 1995 et qui intervient un peu plus d’un an après sa disparition, rassemble par ailleurs des tirages dits vintage, car réalisés par l’homme lui-même jusque dans les années 80. A admirer aussi jusqu’à fin février : des séries de photos effectuées, toujours aux côtés de cette chère jeunesse bamakoise, lors de ses escapades au bord du fleuve Niger ou quelques clichés d’ouvriers et artisans sur leur lieu de travail. 

Mali Twist
Du 20/10/2017 au 25/02/218
à la Fondation Cartier
261, Boulevard Raspail
75014 Paris


Par Rita Carvalho
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