Actualités
vendredi 15 décembre 2017
Spirou et Fantasio s’exposent à la Galerie Daniel Maghen
 
Actualités
mercredi 13 décembre 2017
La culture estonienne passe son hiver à Paris avec Loov Kultuur
 
Actualités
mercredi 13 décembre 2017
Musique, danse et théâtre s’invitent à la table pour une performance insolite à voir à la Pop
 
Diaporama

Traversée de l’art du XXème et du XXIème siècles avec le MoMA à la Fondation Louis Vuitton

La Fondation Louis Vuitton accueille une partie des collections du MoMA. Un exposition-événement qui en met plein les yeux tout en soulignant le rôle majeur du musée new-yorkais dans l’émergence de l’art moderne et son avant-gardisme "permanent".  
Qui aurait pensé et encore moins les trois fondatrices du MoMA, Abby Aldrich Rockefeller, Lillie P. Bliss et Mary Quinn Sullivan, que ce musée créé en 1929 serait un jour l’un des plus essentiels de l’art moderne/contemporain international. Au départ sans véritable locaux, ni collection à proprement parler, le Museum of Modern Art occupe aujourd’hui plus de 11 000 m² en plein Manhattan, envisage de s’étendre sur 5 000 m² et s’installe jusqu’à mars 2018 à Paris à la Fondation Louis Vuitton. Une exposition aux airs d’événement, intitulé Etre moderne : le MoMA à Paris et qui résume si justement l’esprit de l’institution, résolument tournée vers l’avenir et en perpétuel renouvellement. Depuis cette semaine, la fondation s’est remplie de quelques 200 œuvres, peintures, sculptures, photos, vidéos, de chefs d’œuvres incroyables, d’œuvres mythiques et de pièces bien plus récentes issus des divers départements du musée. Le MoMA déballe son stock sur les 4 niveaux de la fondation, c’est passionnant, impressionnant et aussi abondant mais en aucun cas indigeste ! 

Si le MoMA est aussi chéri, adulé que Le Louvre, la Tate Modern ou d’autres grands musées d’art, c’est entre autre pour la richesse de ses collections et pour leur caractère historique et patrimonial. Picasso, Lichtenstein, Cézanne, Warhol, Magritte, Dali, Pollock, Rothko, quelques uns des plus grands artistes américains et européens sont réunis ici à la même table. Hopper en est aussi avec House by the railroad (Maison près de la voie ferrée), l’une des toutes premières œuvres à avoir fait son entrée dans la collection du MoMA en 1930. Autre pièce, autre choc émotionnel avec ce fameux tabouret coiffé d’une roue de Marcel Duchamp. La Roue de bicyclette de 1951 est en réalité la troisième version réalisée à partir du readymade original de 1913, mais c’est surtout la plus ancienne version encore existante, les deux autres ont malheureusement disparu de la circulation. Surréalisme, abstraction américaine, pop art, futurisme, on parcourt les salles et on se dit que presque tout y est, qu’une bonne partie de l’histoire de l’art moderne occidental est là, à portée de regard.

Le MoMA est une réserve de trésors inestimables, mais il ne saurait être réduit au statut de sanctuaire d’œuvres d’iconiques, car, et c’est intrinsèque à son identité, le lieu cultive aussi la  curiosité. Et c’est sans attendre, dès sa première décennie d’existence que le MoMA va fureter au-delà de la peinture. Dans la toute première salle, les œuvres historiques de Magritte ou Hopper côtoient des hélices et billes en acier du design industriel, des photographies de Walker Evans et une vidéo de Walt Disney et d’Ub Iwerks (celle où Mickey Mouse fait sa première apparition). Et partout ailleurs, les chemins se croisent entre la sculpture, les installations, l’architecture et même les émojis, intégrés par le MoMA en tant que créations du design numérique. 

De cet éclectisme, de cette ouverture ne pouvaient découler qu’un sens de la modernité. Hier comme aujourd’hui, le musée new-yorkais tente de capter l’air du moment ou du jour d’après pour ne jamais rester sur ses acquis. Ainsi, le MoMA a envoyé à la Fondation LV quelques unes de ses récentes acquisitions faites ces 20 dernières années principalement auprès d’artistes américains/européens. Parmi les achats les plus surprenants et qui interpellent, ces émojis conçus par Shigetaka Kurita pour la société NTT DOCOMO. A l’origine destinés à une exploitation commerciale par l’entreprise de télécommunications japonaise, ils ont rejoint le fonds du MoMA en 2016. Autre belle prise avec The Newsstand de Lele Saveri, installation aux airs de pop-up store et de kiosques à fanzines originellement placée dans une station du métro new-yorkais et acquise en 2016. Beaucoup de nouveautés dans les derniers espaces du parcours qui dessinent sans doute le futur de l’art contemporain et de l’institution elle-même. Une modernité affichée et revendiquée qui s’exprime également par l’intégration progressive d’œuvres d’art d’origines plus diverses, au fonds très centré sur la production américaine et européenne du MoMA.

Être moderne : le MoMA à Paris
Du 11/10/2017 au 05/03/2018
A la Fondation Louis Vuitton
Bois de Boulogne
8 avenue du Mahatma Gandhi
75116 paris


Par Rita Carvalho