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Nicole Génovèse remet le vaudeville au goût du jour

Abus de mauvais goût et talent crasse en vue ! Nicole Génovèse remet le vaudeville au goût du jour, accompagnée d'une équipe de comédiens au poil. Reprise de son spectacle culte à la Loge.
Il en fallait du culot pour oser s’attaquer à un genre aussi usé, râpé et rapiécé, faisant frémir dans les reins les adeptes du théâtre contemporain sinon rien, avant-gardiste et subversif, ne jurant que par l'invention de formes nouvelles. Nicole Génovèse l’a fait, en écrivant une version toute personnelle, croustillante à souhait, de vaudeville pur jus. Oui oui, elle joue avec les genres et les codes et c'est jubilatoire. Bref, elle fait du neuf avec du vieux et le résultat est unique. Jamais on avait vu sur scène un machin pareil.

C’est un pavé dans la mare aux canards. Car la langue qu’elle invente, bien que jouant sur les expressions surannées propres au genre, n’en est pas moins un déluge de répliques hardies et cocasses filant un vocabulaire imagé des plus chaloupé. Nicole Génovèse fait fi de la langue de bois comiquement correcte. Les références fusent, les métaphores et autres jeux et niveaux de langage sont brassés allègrement, piochant du côté de la série B ou du cinéma américain des années 80 en passant par le music-hall et le café-théâtre, voire même le Grand Guignol sanguinolent. L’esthétique pièce en costume et décor en carton-pâte assorti d’un rideau rouge à l’ancienne croise le style Deschiens autant que les accessoires de grande folle. On se dit que la Génovèse doit avoir bouffé tout ce qui lui passait sous le nez en matière de théâtre et de cinéma, sans faire de différence ni surtout, de hiérarchie, enjambant les films burlesques pour aller embrasser la cinématographie de Blier à pleine bouche, fervente téléspectatrice d’"Au Théâtre ce soir" et adepte, on imagine, d’objet scéniques incongrus, voire totalement non identifiés. Elle a passé le tout au blender dans son jeune cerveau en ébullition. Et la voilà qui nous pond un truc indéfinissable et génial.

Un spectacle cousu main des pieds à la tête, complètement sincère et loufoque, absolument absurde et terriblement irrévérencieux dans lequel l'auteur-metteur en scène-comédienne se permet tout, mais vraiment tout, pourvu que ce soit drôle et que ça crisse. Sa troupe de comédiens assure le service haut la main et porte sa pièce avec un panache de potaches.

Après avoir fait ses débuts à la Loge en 2014 (ce qui ne rajeunit personne ici bas), "Ciel ! Mon placard" revient à la case départ pour ses adieux définitifs en grande pompe, après une tournée tout aussi délirante que l'imagination de sa génitrice. Car Nicole Génovèse a tout de même réussi l'exploit de fabriquer un spectacle délibérément ringard, du boulevard avec placard au centre de l'intrigue et de la scénographie, qui pourtant se réceptionne comme du théâtre contemporain, l'invention incongrue d'un avenir au vaudeville.

Mais si l'on ne devait retenir qu'une chose, ce serait la langue grivoise et toute en charme, colorée d'images pleines de saveurs et de références tous azimuts qu'invente Nicole Génovèse. Espiègle à souhait. Une délectation.

Par Marie Plantin

Ciel ! Mon placard

Du 15 septembre au 18 octobre 2015
Au Théâtre du Rond-Point
2bis Avenue Franklin Roosevelt
75008 Paris

Du 29 avril au 1er mai 2018
A la Loge
77 Rue de Charonne
75011 Paris
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