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Turner illumine le Musée Jacquemart André de ses peintures et aquarelles en provenance de la Tate

… et nos yeux émerveillées par la même occasion. L’exposition dure suffisamment longtemps pour qu’on ose vous en parler comme d’un horizon revitalisant après la claustration de mise actuellement. Rendez-vous après la tempête au Musée Jacquemart André pour savourer la douceur picturale de Turner et son éclatante accointance avec la lumière dans ses manifestations infinies.
Se pâmer devant les toiles de Turner. Cette exposition consacrée au peintre anglais à partir de collections de la Tate est une splendeur, un défilé de paysages miroitants aux teintes mouvantes comme changent et évoluent goûts et humeurs. Peintures et aquarelles, grands et petits formats, toiles et papiers, Londres et Venise, ciels, terre et mer, y jouent des coudes sur les cimaises du Musée Jacquemart André, havre s’il en est, situé dans un hôtel particulier du VIIIème arrondissement. Après un confinement nécessaire au retour à des conditions sanitaires sans danger collectif, on gage que le public aura à coeur de retrouver le chemin des musées parisiens. Changer d’air, se gargariser de couleurs et de beauté, redécouvrir les multiples facettes et tonalités de Turner, est sans aucun doute un horizon oxygénant suite à la situation que nous traversons tous actuellement.

Nous avons pu goûter in extremis à cette exposition qui revêt dans notre souvenir un statut particulier, la nostalgie du calme avant la tempête, d’un temps encore insouciant. Turner, peintre anglais de la première moitié du XIXème siècle, maître incontesté de l’aquarelle, source inépuisable de rêveries et de voyages intérieurs. Turner dont on redécouvre avec émerveillement la palette de paysages, champêtres ou maritimes, bucoliques ou urbains, l’élégance des compositions, la délicatesse des détails, et la grâce de la touche par dessus tout, cette façon rien qu’à lui de faire rayonner la lumière de mille et une manières, de créer une atmosphères sensible et prégnante. Ici une clairière rehaussée de quelques arbres, là une chaîne de montagnes, ici un pont, là une rue, un château, une abbaye, un moulin à vent, une rivière, un bord de mer... Ici un coucher de soleil, là un clair de lune, les vues de Turner sont toujours ouatées, floutées et précises à la fois, dans les lignes, le goût des figures en miniature (un chien sur une plage, un bouquet de biches à flanc de colline, des cygnes près d’un point d’eau, une ronde de femmes dansant, une barque…). Véritables invitations à plonger dedans, les paysages de Turner, dans leur traitement, - et l’exposition en témoigne avec clarté -, se transforment au cours du temps. Pittoresques au début, proches d’un certain réalisme, ils évoluent vers le romantisme des pastorales avant de se muer en peintures à l’huile plus denses dans leur matérialité, plus éthérés dans leurs sujets, à la limite de l’abstraction. Les dernières toiles éclatent d’intensité et semblent ne capter que l’essentiel à regarder : la répartition de la lumière en toute chose et sa beauté captivante.

Par Marie Plantin

Turner
Peintures et Aquarelles
Collections de la Tate
Du 13 mars au 20 juillet 2020
Au Musée Jacquemart André
158 Boulevard Haussmann
75008 Paris
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