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Bigre

Un spectacle bigrement drôle où le corps en dit plus que les mots

Après être passé par le théâtre du Rond-Point, dans la salle Renaud-Barrault, Bigre s’installe au Théâtre Tristan Bernard pour une nouvelle salve de représentations.
Sur le plateau, ils sont trois, deux hommes et une femme, trois voisins de chambres de bonne au dernier étage d’un immeuble, sous les toits. Une situation de promiscuité autant que de solitude qui met en présence trois personnalités diamétralement opposées. L’un est un maniaque de la propreté, vit dans un espace immaculé quasiment vide et occupe ses soirées à chanter seul en karaoké face à sa télé (Olivier Martin Salvan), l’autre entasse jusqu’au plafond les boites et emballages de supermarché comme un oiseau collectionne les brindilles pour construire son nid (Pierre Guillois). Quant à la troisième (Agathe L’Huillier), elle bénéficie de la compagnie de son poisson rouge, prend soin de son intérieur riquiqui et potasse des livres de médecine alternative quand elle ne les teste pas sur ses voisins, mue par une âme (et un grand cœur) d’infirmière. 

Le spectacle, inspiré par la tradition du Burlesque muet est un régal de drôlerie sensible, sensuelle, sentimentale. Car ces trois zigotos super rigolos ont le cœur sur la main, une propension pharamineuse à déclencher des malentendus et des catastrophes et une innocence toute enfantine. On suit leurs petites aventures et mésaventures du quotidien, leur routine sans arrêt déroutée, leurs tracas passagers et chagrins autrement plus. A leurs côtés, la moindre petite chose se transforme en épopée rocambolesque, en microscopique apocalypse, en drame de voisinage.

Les trois comédiens, co-auteurs du spectacle, réussissent à construire un échafaudage de situations qui montent comme une mayonnaise ou des blancs en neige jusqu’à l’effondrement de la chute qui nous laisse hilares et émus à la fois, réconfortés par ce petit bijou de théâtre sans mots qui nous dit tant. C’est léger comme une antenne de télévision sur le toit d’un immeuble parisien. La mise en scène bénéficie de la précision d’un horloger (Pierre Guillois en l’occurrence) pour mettre en place cette mécanique imparable de la catastrophe, au cœur du jour le jour, du petit rien. 

Qu’est-ce que ça fait du bien !

Par Marie Plantin

Bigre
[Reprise] A partir du 26 mai 2016
Au Théâtre Tristan Bernard
64 Rue du Rocher
75008 Paris
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